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mardi 6 septembre 2016

Jeux de société en vrac

Bon, il faut me rendre à l'évidence, notre rythme de découverte de jeux de société est beaucoup plus élevé que ma fréquence de rédaction d'articles (pas difficile, faut dire).  Du coup, il devient raisonnable de travailler en série.

Ce WE, nous avons pratiqué le jeu de société intensif entre amis et enfants.  Nous avons le plaisir de compter, parmi les participants, une ludothécaire passionnée et d'extrêmement bon conseil, ce qui fait que nous avons bénéficié d'une montagne de jeux à tester et que chacun a pu trouver chaussure à son pied.

Voici donc, en bref, un récapitulatif de quelques titres essayés durant ces deux journées.

Potion Explosion (à partir de 6-8 ans)



Un très chouette jeu dans un contexte type Harry Potter, ou des apprentis alchimistes conçoivent des potions très... explosives.  

Le matériel est très agréable, avec notamment son distributeur de billes en élément central.  
Pour obtenir les billes, ingrédients nécessaires aux potions, chaque joueur a le droit d'en prélevé une à chaque tour.   La bille ainsi retirée crée un trou qui "aspire" les billes plus haut dans la rangée, créant une petite collision.  Si les deux billes qui se retrouvent à présent côte à côte sont de même couleur, le joueur peut également les prendre, ce qui provoque à nouveau une collision et potentiellement... des collisions à la chaîne! 

Seront donc favorisés ceux qui arrivent à détecter rapidement les palindromes parmi les séquences de billes.  Néanmoins, cela ne suffit pas, puisqu'avec chaque potion réussie peut s'activer un pouvoir spécial rajoutant une couche de piment aux règles.  

Nous avons joué une chouette partie entre adultes, mais les enfants étaient irrésistiblement attirés par le matériel.  Ils ont testé une partie de leur côté, mais sans supervision, les règles n'ont guère été respectées.  De l'avis de notre ludothécaire attitrée, le jeu peut convenir éventuellement dès 6 ans à condition de retirer les pouvoirs des potions.  

Pour en savoir plus sur le jeu, vous trouverez des critiques sur LudiGaume et Jeux de Nim

Code Names (pour adultes)





Un principe hyper classique : deux équipes, dans chaque équipe, chaque joueur doit faire deviner des mots à l'autre.  Néanmoins, ici, les mots à deviner appartiennent à une grille de mots, comprenant ceux spécifiques à chaque équipe, des mots "neutres", et un mot "tueur" qui, s'il est prononcé, fait perdre l'équipe coupable du délit.  Toute la difficulté consiste à associer en un même indice plusieurs mots à faire deviner...

   
Nous n'avons pas testé ce jeu avec les enfants, mais de par la difficulté d'associer des idées, il n'est probablement pas abordable avant 8-10 ans.  

Pour en savoir plus : Voir la critique chez Jeux de Nim


La bande des porcelets (familial à partir de 2,5-3 ans)


Petite Fleur a été un peu délaissée au milieu de ces parties complexes, mais malgré tout, nous avons pu lui proposer un nouveau petit jeu de société : La bande des porcelets.  Un jeu de l'oie à sept joueurs avec une particularité amusante : si un porcelet tombe sur une case déjà occupée, il grimpe sur le pion qui s'y trouve et avancera donc de concert avec lui, profitant sans vergogne du lancer de dé de l'adversaire.  

La petiote commence tout juste à compter, et pour une raison obscure, privilégie la suite "5-6-7-8-9" au lieu du classique "1-2-3", donc elle est bien sûr loin d'être autonome à ce jeu, mais elle a beaucoup apprécié de pouvoir jouer avec plusieurs joueurs.  Comme souvent, on travaille le tour de jeu, le respect des règles, et le dénombrement.  En 2-3 parties, elle déjà fait de beaux progrès, et arrivait à déplacer le pion de case en case en comptant avec nous.  Quant aux autres joueurs, malgré la simplicité du jeu, ils ont pris plaisir à la partie, très courte et efficace.


Shadow Hunters (adultes)



Shadow Hunters a été sorti en fin de soirée, une fois les enfants couchés, et a donc été joué uniquement entre adultes.  Trop complexe à mon avis pour notre Aventurier de 8 ans, donc j'imagine qu'il faut au moins 10 ans pour l'apprécier.  

C'est un jeu à rôle caché, similaire au classique Loup Garou, mais plus complexe puisqu'il se joue avec un plateau et des cartes événements/armes.  Trois types de rôles : Les Shadows (monstres) et les Hunters (humains), ennemis mortels, et les Neutres, aux objectifs et pouvoirs spécifiques.  

Nous étions sept, et ma foi, la dynamique de jeu était vraiment sympa! Certes, on a parfois tendance à accuser un peu au hasard au début, mais contrairement au Loup Garou, il y a moyen d'obtenir des indices sur le rôle de chacun et d'avoir donc des éléments concrets sur lesquels se baser.  

Witness (adultes)




Un petit jeu d'enquête coopératif à présent, également joué en soirée et donc sans enfant.  Quatre enquêteurs, chacun ses indices spécifiques, et la possibilité de se rencontrer deux à deux pour échanger ce que chacun sait... en chuchotant.  Effets "téléphone arabe" et "trous de mémoire" obligent, il n'est vraiment pas si évident de réunir tous les indices... Or, le nombre de points gagnés est au prorata du nombre d'enquêteurs ayant résolu le mystère!

Les règles sont simplissimes, chaque enquête est très courte et très facile à mettre en place, c'est donc un jeu très efficace  et peu chronophage.

Roll For The Galaxy (à partir de 8-10 ans)







Une très bonne surprise que ce jeu de construction d'empire, à base d'une multitude de petits dés irrésistibles! Je n'étais pas trop tentée au départ, mais j'ai fini par me joindre à la partie et je ne l'ai pas regretté une seconde, malgré le temps passé à la présentation des règles (pourtant pas si complexes une fois que tout a été expliqué) . 



Le but du jeu est donc de développer sa civilisation à l'aide de petits ouvriers (les dés) qui vont pouvoir explorer de nouveaux territoires, les coloniser, faire de la recherche/développement, ou produire/expédier des marchandises.

Un élément particulièrement apprécié : le fait que les joueurs jouent simultanément à chaque tour de jeu.  Cela maintient le rythme et rend le jeu très fluide.

Notre Aventurier était de la partie, et du haut de ses 8 ans, il a assez bien intégré les règles.  Je me suis permise de lui glisser quelques conseils stratégiques, mais je ne suis pas sûre qu'il en ait eu tellement besoin... En tout cas, il a bien accroché!

Pingo Pingo  (à partir de 5 ans avec règles simplifiées)

Pingo Pingo, c'est LE jeu sur lequel les enfants ont lorgné tout le WE, avant que notre Ludo en chef ne trouve le moyen de le mettre en place dimanche en fin de journée.  

Le principe : C'est un Jungle Speed avec un pistolet à flèchettes et une bande son!

On glisse le CD dans un lecteur, on place les monstres sur la table, et hop, c'est parti pour retourner les cartes et essayer d'être le premier à taper sur les trésors à récolter. Un monstre apparaît? Hop, le joueur attrape le pistolet et essaye de le tuer... avant que ne retentisse le signal sur la bande son.  Bande son qui fait se succéder jour et nuit, changeant régulièrement les contraintes sur les cartes trésors que les joueurs sont autorisés à prendre.

La partie n'a pas été simple à organiser, car nous ne bénéficions pas d'une table avec suffisamment d'espace pour se déplacer autour.  Le jeu a donc été placé au salon avec un "coin monstre" séparé de la table de jeu principale.  Les joueurs avaient 5, 6, 8 et 30 ans.  Les petits ont assez bien compris les principes, mais il a fallu l'intervention des adultes pour les aider à charger le pistolet et replacer les monstres une fois ces derniers abattus.  Les règles avaient également été simplifiées pour l'occasion.

Un bon moment pour tout le monde, mais j'attend d'avoir l'occasion de faire moi-même une partie à un "rythme adulte" pour me faire réellement un avis.



La Forêt Enchantée/Im Grossen Zauberwald (àpd 5 ans)


Je réalise que nous avons finalement beaucoup joué entre adultes, et que les petiots ont peut-être moins eu l'occasion de tester de nouveaux jeux que nous.  Qu'importe, ils ne se sont pas ennuyés de toute façon! Malgré tout, un jeu qu'ils ont pu essayé est celui de la Forêt Enchantée, avec un très beau matériel en 3D peut-être un peu laborieux à mettre en place.  




L'objectif : Réaliser des potions en récoltant des ingrédients (tiens, un air de déjà vu?).  Les ingrédients sont répartis entre les arbres, et les joueurs doivent les attraper à l'aide de petits balais.  Il faut respecter l'ordre des ingrédients, et se dépêcher de récolter  un maximum avant le signal de fin donné par le joueur "meneur" du tour.

Les règles du jeu sont très simples à comprendre et le jeu assez court, de l'ordre de 15 minutes.  Je pense que les petits ont bien apprécié la première partie, à laquelle je n'ai pas assistée.  Pour ma part, le Petit Pirate étant parti chez une copine (jouer à des jeux de société...) au moment où j'ai sorti le jeu, j'ai expérimenté une partie avec l'Aventurier, et clairement, le jeu était un peu trop simple pour tout le monde.  A privilégier donc avec des plus jeunes.









vendredi 19 août 2016

Jeux de société pour Mini-Mouss : Little Memo

Ahh, les vacances d'été, tant attendues pour pouvoir prendre du temps pour soi, ses enfants, sa maison, pour coudre, bricoler, créer, bloguer... A peine commencées, déjà terminées!  Etat d'avancement de la to-do list : 30%.  Mais je ne désespère pas, et me voilà en train d'écrire mon premier article estival juste après avoir repris le travail.

L'activité récurrente cet été dans notre grand raffiot, ce furent les jeux de société.  En voyage lorsqu'il faisait mauvais, le soir entre adultes et grands enfants, ou bien suite à des razzias à la ludothèque de la ville.  L'aventurier est déjà vétéran en la matière, le P'tit Pirate surnage pas trop mal dans les jeux complexes auxquels son frère l'initie, et notre Petite Fleur fait ses premiers brasses avec des titres adaptés.

J'ai déjà parlé jeux de société une fois ou l'autre, mais je pense à présent me lancer dans des reviews plus régulières.

Le test du jour : un bon basique pour tout-petit, le Little Memo de chez Djeco.




C'est un bon vieux jeu de Kim, avec des petits animaux du jardin colorés tout mignons et une petite boîte pour le "cache-cache".

L'objectif : Travailler la mémoire et l'observation.

J'y joue donc avec Petite Fleur, 2 ans et demi dans quelques jours.  Le jeu est super simple, mais il y a énormément de marge de progression :


  1. Nommer et reconnaître les animaux.  On est plus dans le registre des insectes que dans les classiques animaux domestiques, donc il se peut que l'enfant ne les connaisse pas encore. 
  2. Montrer le principe du jeu : On dispose deux animaux, on en cache un et on le nomme.  
  3. Augmenter le niveau de difficulté en augmentant le nombre d'animaux.  On ne bouge pas les animaux, on se contente de recouvrir l'"élu" avec la petite boîte. 
  4. Même chose, mais cette fois, la boîte est en retrait et on retire l'animal choisi de la table pour le dissimuler sous la boîte, à l'écart.  Le joueur ne peut donc plus aussi facilement utiliser la position de la boîte pour se rappeler de l'animal en dessous.  On peut même s'amuser à mélanger les animaux... 
  5. Et enfin, on peut envisager d'ajouter un animal au lieu de le retirer, ou bien d'en déplacer un, etc. 
Pour le moment, la puce arrive à s'en sortir avec 4-5 animaux sans déplacement (niveau 3), mais à condition d'avoir ajouté les animaux 1 par 1, et uniquement durant les premières minutes de jeu.  Au delà, et sans grande surprise, sa concentration se délite et il est temps soit de ranger, soit de la laisser s'amuser en jeu libre.  

Il y a un élément du jeu qui est encore complexe pour elle, c'est la succession des étapes "fermer les yeux, observer, nommer l'absent".  J'ai du ritualiser et théatraliser le processus pour réussir à ce qu'elle ne voie pas la dissimulation de l'animal et puisse mettre sa mémoire en action, mais je vois bien que le sens de cette étape lui échappe quand elle demande à inverser les rôles.  Elle m'imite, mais en mélangeant toutes les opérations, pour un résultat sans queue ni tête pour toute personne de plus de 3 ans. 



Le jeu comporte également des pions permettant de comptabiliser les points gagnés, mais je les ai pour le moment laissés de côté car la notion même de victoire est encore étrangère à notre petiote.  Je les utiliserai éventuellement pour une partie avec le P'tit Pirate, si le jeu ne s'avère pas trop facile pour lui.

Pour conclure, Little Memo est un chouette petit jeu que je me réjouis d'avoir loué à la ludothèque, qui permet des petites parties sympathiques avec ma Petite Fleur.   Nous ne l'exploitons pas encore vraiment en tant que "jeu de société", mais plus comme exercice de mémoire, et ça complète agréablement les "Memory" plus classiques, que nous proposons également à la puce à raison de 4 à 5 paires par partie.






samedi 13 février 2016

Robot Turtles

Faut que je vous fasse une confession.  En fait, la navigation, les courants marins, tout ça... j'y connais pas grand grand chose.  Mon métier, c'est l'informatique.  Par conséquent, bourrée de contradiction que je suis, j'interdis à mes gosses de regarder des écrans, vu que je passe mes journées à le faire.  Enfin, interdire, interdire... Disons, limiter.  Pas de télé, pas de console, mais un ipad un peu boiteux avec plein d'applis éducatives sympa, et de temps en temps une petite vidéo youtube au coin d'un portable, ou carrément un DVD projeté sur le mur du salon.

Campagne Yakapa . Encore applicable pour l'aîné, pour les suivants...
Bon courage.  
Par contre, il y a une chose que je souhaite faire découvrir à mes enfants : ce sont les possibilités infinies de création qu'offre l'informatique.  Site Web, jeu vidéo, application...  Nous vivons à une époque où les outils de programmation se simplifient et deviennent accessibles aux plus jeunes.  Nous vivons à une époque où tout est à ré-inventer, où les métiers de demain n'existent pas encore, où la société est vouée à évoluer ou à s'effondrer sur elle-même.  Nous n'éduquons pas nos enfants pour aujourd'hui, mais pour demain, donc apprenons-leur à identifier des problèmes, à trouver des solutions et à les mettre en oeuvre.  L'informatique est un des outils qui leur permettra de réaliser ce qu'ils auront imaginé.  La programmation n'est pas difficile en soi, mais implique un mode de raisonnement structuré, qu'il est parfois difficile d'acquérir une fois adulte, si on n'est pas naturellement orienté vers cette manière de pensée.  Je suis convaincue qu'en familiarisant nos enfants avec ce genre de démarche dès leur plus jeune âge, ils aborderont très naturellement la programmation "avancée", et sauront quand et comment y faire appel dans les différents problèmes auxquels ils seront confrontés.

Bon, donc, les écrans, non (hum).  La programmation, oui. Heuuuu, y a pas comme une incohérence, là?  Bien sûr, mais malgré tout... il y a une solution : Robot Turtles.


Créé par Dan Shapiro, un génial papa informaticien, financé par un appel Kickstarter plutôt réussi, c'est un jeu de société qui, presque sans en avoir l'air, amène les enfants à écrire leurs premiers programmes.

Alors, les tortues, elles ne sortent pas de nulle part. Les geeks les plus précoces d'entre nous ont connu le Logo, langage de programmation à visée pédagogique utilisant une tortue pour dessiner des formes géométriques (ou non).  Dans mon cas, la "Tortue" était un simple curseur triangulaire, et cette dénomination m'a toujours laissée perplexe, mais des amis ont eu l'occasion de pratiquer le Logo avec une vraie Tortue Robot.

Oh que ça fleure bon les années 80! 

Donc, dans notre jeu de société, revoilà nos tortues-robot, dignes héritières du Logo.  Cette fois, pas de circuit électronique de pointe, juste... un papa ou une maman qui va "téléguider" la fameuse tortue sur le plateau de jeu, en se fiant aux instructions des petits joueurs.  Avancer, tourner à gauche ou à droite, les instructions sont fort semblables au Logo de base et sont très vite comprises.  Là où on voit que le jeu est bien pensé pour les petits (dès 4 ans), c'est en examinant de plus près les cartes d'instructions : De petites fleurs colorées permettent d'exprimer facilement les directions (fleur bleue : tout droit, jaune : à gauche et mauve : à droite), sans devoir maitriser la gauche et la droite.  Cela facilite également l'orientation dans le référentiel de la tortue.

Les cartes d'instructions
Donc, des tortues, et des instructions de déplacement.  Manque l'essentiel : L'objectif.  Point de dessin artistique ici, le but du jeu est de circuler sur le plateau en évitant des obstacles pour trouver le trésor, un joli diamant bien coloré.  Les obstacles :

  • Des murs en briques que tu peux pas passer à travers sous peine de te casser le bout du nez
  • Des murs de glace que tu peux décongeler d'un habile coup de pistolaser (Piou Piou!!!!)
  • Des caisses que tu peux faire dégager du chemin, à condition d'avoir la place derrière (quelqu'un se souvient de Sokoban?)
Le plateau peut être organisé de plein de manières différentes, selon l'inspiration du parent/maître de jeu/esclave en chef ou selon le niveau des Padawan-programmeurs.  

Ouuuhh, il est méchant celui-là!

Alors, LE facteur de succès du jeu : Les bruitages.  C'est obligé, le parent doit se triturer les méninges et inventer les bruits les plus farfelus pour les déplacements des tortues.  On peut plagier les noms des tortues telles que renseignés dans le manuel (Beep Beep, Pi, Pangle...), suivre l'inspiration du moment, ou celle des petits joueurs (au risque de devoir produire des "Prout Prout" à chaque déplacement de la tortue...).  On peut "pioupiouter" avec les rayons lasers, "splatchouiller" dans les flaques d'eau, jouer au vieux diesel qui a du mal à démarrer... y moyen de varier les plaisirs.

En cas de timidité excessive ou de crainte du ridicule, le parent est autorisé à ingurgiter un petit apéro raisonnablement alcoolisé avant d'enfiler son costume d'Andouille en Chef (mais je décline toute responsabilité, of course).

Autre élément important du jeu : Les enfants ne sont pas en concurrence.  L'objectif n'est pas de finir le premier, mais simplement d'attraper son diamant.  En cas d'erreur, on peut se corriger en appuyant sur le petit insecte, et en criant "BUUUUUUG" bien fort.   Eventuellement, si on a fini plus tôt, on peut aider ses congénères.  On n'est pas dans le coopératif proprement dit, mais l'absence de compétition est le bienvenu.  

Ce qui est également intéressant, c'est la progression des différents niveau.  On commence simple, une instruction à la fois avec les instructions de base.  Puis on rajoute les obstacles, un à la fois.  Enfin, on peut permettre aux enfants de déposer plusieurs instructions (2, puis 3, etc) à chaque tour.  Pour finir, ils peuvent construire la séquence complète de déplacement d'un seul coup.  Et à ce stade, on peut introduire la notion de "fonction" pour optimiser le nombre de cartes utilisées.  

J'ai testé le jeu avec le P'tit Pirate (4 ans et demi) et l'Aventurier (7ans et demi) et une amie de ce dernier (8 ans).  Le P'tit Pirate m'a impressionnée par sa capacité à prédire et visualiser les trajets de la tortue.  C'est très amusant de le regarder se tourner d'un côté ou de l'autre pour suivre l'orientation de sa tortue et trouver la prochaine direction à prendre.  C'est bien entendu lui qui a fait le plus usage du "Bug", mais il n'a pas du tout à rougir de sa performance! 

Les deux grands, quant à eux, n'ont eu aucune difficulté à monter dans les niveaux.  Je m'y attendais pour l'Aventurier, qui programme déjà régulièrement (avec Scratch entre autres), mais son amie, moins familière de ce genre de raisonnement, a également tout de suite compris le principe et a fini sur un sans-faute aussi.  Tous trois sont arrivés au stade des séquences complètes, avec les trois types d'obstacle, sur un parcours relativement simple.  Il me faut maintenant trouver des labyrinthes un peu plus complexes, mais il y a de quoi faire avec ceux proposés sur le site du jeu.  


Bref, un chouette jeu que mes garçons réclament souvent, qui permet de travailler de manière très ludique la construction du raisonnement algorithmique.  Grand avantage par rapport aux versions écran : L'aspect relationnel et l'implication de l'adulte, dont la capacité à trouver des bruitages plus ou moins ridicule joue un rôle essentiel dans la réussite de ce moment partagé.  

J'en profite pour remercier chaleureusement l'ASBL CSITed, qui nous a aimablement prêté le jeu a des fins de "béta-testing".    

  




mardi 1 décembre 2015

Carcassonne : Jeu de société, et plus si affinités


Depuis Wikimedia : Carcassonne-game.jpg

L'amiral et moi-même sommes des joueurs de longue date : Des jeux de société (beaucoup), de rôle (un tout petit peut), GN (un tout tout tout petit peu), des jeux vidéo (mais ça nous est passé), mais surtout, des jeux de société.  Entre amis et cokoteurs à la belle époque estudiantine, avec des collègues en tant que jeunes travailleurs (oui, j'avais des super collègues à l'époque!), puis... grosse pause pour cause de régression vers des jeux intellectuellement moins stimulant tels que "Coucou/Beuh", "Hue Hue à dada" et "Guili guili".

Mais voilà, la période de disette ludique a heureusement pris fin, et nous voilà de retour dans l'arène, avec, qui plus est, deux joueurs supplémentaires! L'Aventurier, du haut de ses 7 ans, est déjà capable de partager bon nombre de nos jeux de société de grands (Mini-ville, Colons de Catane, Loony Quest, ...), mais, à notre grand étonnement, le P'tit Pirate (4 ans) n'est pas en reste! Bien que moins curieux du monde littéraire  et ne disposant pas de la même vitesse d'apprentissage que son grand frère au même âge, il n'en progresse pas moins, tout en discrétion, dans de nombreuses compétences.  Poussé par son frère dans des parties de jeux absolument pas adaptés à son âge, il s'accroche néanmoins, y prend plaisir, et apprend sans doute en toute discrétion une infinité de petites choses.

Bref, ayant fait le constat qu'avec le P'tit Pirate aussi, il devient agréable de jouer, et pas seulement à Bata-Waf, j'ai profité d'un des (rares!) moments en tête à tête avec lui pour lui proposer de jouer à Carcassonne.  Carcassonne est un jeu que nous possédons depuis plus de 8 ans, avec un certain nombre d'extensions que nous sommes incapables d'utiliser toutes en même temps à force d'oublier les règles d'une partie à l'autre.  Bref, un jeu plein de potentiel, extensible, et... adaptable.  Il est normalement prévu à partir de 8 ans, pour les aspects tactiques, mais en simplifiant la règle à l'extrême, il a été fortement apprécié de mon 4 ans.

Donc, pour ceux qui connaissent le jeu, je me suis contentée de lui expliquer :

  • Le placement des tuiles (continuité des éléments château, prairie, route)
  • Le principe d'un tour de jeu
  • L'objectif du jeu : Marquer des points en construisant routes et châteaux
  • Le décompte des points : Deux par tuile pour un château, un par tuile pour une route. 
Le jeu ainsi simplifié n'est évidemment pas très palpitant pour un adulte (il n'y a aucune concurrence entre les joueurs ni réellement de stratégie), mais lui a adoré : Compter les points (avec un petit aperçu de la table de deux pour les points du château), utiliser le boulier pour additionner (5 points route + 4 points château...), placer les tuiles pour créer un paysage géant (il est fan de puzzle), et, surtout, passer un bon moment avec sa maman.   

Et, comme souvent avec les enfants, il faut garder l'esprit ouvert et savoir sauter sur les opportunités.  A la fin de la partie, ayant gagné in extremis en dépassant le p'tit loup lors du dernier décompte, j'ai vite essayé de changer de sujet pour éviter les déceptions, et ai proposé une observation du paysage résultant.  En est assez vite sortie l'idée de créer nos propres châteaux, et nous nous sommes donné pour défi de créer le plus grand château possible! 



A ce moment, je suis un peu sortie de mon rôle de parents et me suis emballée sur la construction du château, mais il a néanmoins participé avec beaucoup d'amusement, et le must du must, ça a été de prendre chacun un pion, et de les faire jouer à cache-cache dans l'énorme château complètement tordu et labyrinthique que nous avions obtenu... Vive le jeu libre!




Avec des enfants, nous avons sans cesse l'opportunité de renouveler notre regard sur les jeux, outils ou objets en tout genre, accepter de les détourner, imaginer comment en exploiter le potentiel, leur trouver mille usages pour répondre au besoin de jeu et d'apprentissage de nos petits loups...  Ce fut à nouveau le cas aujourd'hui, et quel plaisir nous en avons tiré!

vendredi 11 juillet 2014

Code Couleur

Depuis trois jours, le mauvais temps nous cloître à l'intérieur du navire.  Pas évident, ni pour les moussaillons, ni pour le capitaine moi-même! Le manque d'exercice physique et de défoulement rend les petiots bien nerveux, et les avoir 24h sur 24 sur le dos met ma patience à rude épreuve.

Pleine de jeux intérieure, tolérance à certains défoulements normalement interdits (sauter sur le lit parental, par exemple), invitation d'un copain, partie de foot dehors dès qu'il fait un peu sec : cela permet de relâcher un peu la tension et de les laisser quelques moments pour se déchaîner une bonne fois.  J'essaie d'équilibrer de tels moments avec d'autres activités calmes et structurées, leur permettant de travailler leur concentration.

Aujourd'hui, le P'tit Pirate a souhaité essayé un jeu reçu par son grand frère : Code Couleur, chez Smart Games, éditeur d'une collection de jeux logiques assez géniaux.


Le jeu est annoncé à partir de 5 ans.  L'Aventurier l'a reçu pour ses quatre ans, mais cela correspondait bien à son niveau de développement de l'époque.  Il n'a d'ailleurs guère mis de temps à arriver au bout des challenges proposés.  Du haut de ses trois ans et vu son caractère fort différent de celui de son aîné, j'ai eu quelques doutes quand il a pris la boîte, mais je l'ai laissé faire.  Je lui ai juste sorti un plateau pour baliser son espace de jeu et éviter la dispersion (le plateau est un matériel très utilisé dans la pédagogie Montessori, je le détourne un peu de son usage premier dans ce cadre, mais je trouve ça pratique pour éviter d'avoir des pièces qui se retrouvent partout dans le salon).  

Le principe du jeu est de combiner différentes cartes pour obtenir par superposition une image donnée.  Les challenges les plus simples combinent deux cartes, les plus compliqués peuvent aller jusqu'à 5 ou 6, à agencer selon un ordre bien précis.  

A mon grand étonnement, le P'tit pirate ne s'en est pas si mal sorti, et a réussi les 5-6 premiers challenges.  Les couleurs permettent de sélectionner rapidement les cartes ad-hoc, et les superpositions du premier niveau sont relativement simples et il suffit de travailler sur l'orientation.  

Il est resté concentré 5-10 minutes, puis a commencé à remuer et à réclamer mon aide, signe de saturation.  L'heure du diner approchant, je n'ai pas jugé bon d'insister, estimant qu'il avait quand même bien exploité le jeu malgré son jeune âge.  

Je n'hésiterai cependant plus à le ressortir et à le lui proposer de temps en temps, ce jeu est décidément très bien fait et exploitable finalement dès trois ans, à petites doses!