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dimanche 1 novembre 2015

Histoires de couches

Suite à la demande d'une amie, je prend aujourd'hui la plume pour parler d'un sujet hautement philosophique : les couches.

Pas les couches du modèle OSI, ni les couches d'une pièce montée, ni les couches atmosphériques ou géologiques.  Non, les couches pour bébé.  Oui, ces trucs-machins qu'on leur met sur le derrière pour pallier leur incontinence.

L'HNI

Enfin, soi-disant incontinence... Parce qu'en fait, les couches, c'est pas indispensable (comme je dis toujours, si ça l'était, l'évolution aurait fait en sorte qu'on naisse avec).   Faire sans couche, dans nos sociétés "modernes", ça s'appelle "l'Hygiène Infantile de l'Enfant" : En gros, ça consiste à détecter les besoins du bébé et à lui proposer d'évacuer proprement au dessus d'un récipient ad-hoc.

Les avantages : 

- La compréhension du langage corporel du bébé et une complicité/connexion parent-enfant supplémentaire
- Beaucoup moins de pleurs (car oui, les bébés (ou en tout cas certains) pleurent quand ils doivent faire pipi)
- Pas de poubelle qui déborde ou de lessives puantes
- Pas de couche qui entrave les déplacements du petiot et retarde l'âge d'acquisition de la marche (sic)
- Pas de derrière dégueu à devoir torcher vaillamment, une pince à linge stratégiquement placée sur le nez.

Les inconvénients : 

- La phase d'apprentissage... 
- Les moussaillons avec qui ça prend pas
- Les officiers indisponibles la journée forcés de caser leur équipage en garderie
- Les faux positifs (on s'est bougé pour rien)
- Les faux négatifs (on est bon pour sortir les torchons)

L'HNI a été appliquée de manière très partielle dans notre navire, deux moussaillons sur trois y ayant été réceptifs le temps du congé de maternité. HNI partielle car les vrais moments "cul nul" ont été rares, mais nous restions attentifs et proposions systématiquement à chaque change.  Par contre, une fois le moussaillon entré en crèche, tout le monde perd ses repères... 

En attendant, ça nous a permis d'économiser quelques langes, et, espérons-le, aux moussaillons de s'être sentis à l'écoute et écoutés dans leurs besoins naturels.  


Les couches lavables

Mais revenons à nos moutons.  Nous parlions de couches, et voilà que je viens d'écrire une tartine sur le sans-couche.  Soit.  Donc, chez nous, nous avons utilisé des couches la plupart du temps.  Quelles couches?  A la base, nous avons opté pour des couches lavables, mais in fine, nous fonctionnons avec un joyeux mélange de langes en tissu et de couches jetables (mais un peu écologiques quand même).  

La théorie


Pourquoi des couches lavables?  Pour diminuer les déchets et la pollution, pour éviter les produits chimiques sur les fesses du bébé, parce que c'est moins cher sur le long terme (tant qu'on reste raisonnable), et parce que ça fait bobo, et qu'on aime avoir l'air bobo.   

Plus sérieusement, il existe plein de sites qui font la comparaison couches lavables/couches jetables, voici quelques liens :
- La thèse d'Anne-Sophie OURTH sur le sujet : "Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables" (2003)  
- Sur le site Lilinappy (revendeur de couches) 
- Sur le site P'tit Dessous (fabriquant de couches lavables)
- Sur le site Petites Bulles (autre revendeur)
- Sur le blog Banlieusardises  (waw ça date de 2005 quand même...)
- Un récapitulatif sur le site Consoglobe

La pratique

Et en pratique, ça ressemble à quoi, des couches lavables? Bah, à des couches, en tissu... plus ou moins exotiques, plus ou moins colorées, plus ou moins compliquées, plus ou moins fiables... En gros, il y a trois catégories :

- les couches "classiques" : On a un espèce de pampers en tissus avec scratchs ou pressions, par dessus lequel on mettra une culotte typiquement en plastique (PUL) pour imperméabiliser.  Très très fiable pour la nuit, mais effet "gros derrière" garanti.
- Les couches "Tout en un" (TE1 de leur petit nom) : La culotte en plastique est intégrée à la couche, donc on se retrouve "comme avec un pampers".  Existe avec pression ou scratch.
- Les couches "Tout en 2" (TE2 de leur petit nom) : Une culotte en plastique dans laquelle on vient poser un linge plié.  Plus simple que la classique parce qu'il n'y a pas deux couches à fermer, mais plus souple que la TE1 parce qu'on peut se contenter de ne changer que le linge et d'utiliser plusieurs fois la culotte (ça fait des économies).

Après, il y a encore les couches à poches, que je n'ai jamais testé.  Il est également possible de distinguer les couches "évolutives" qui couvrent plusieurs âges (4-13kgs) des couches "multi-tailles", mieux adaptées niveau taille mais qui nécessitent d'investir dans plusieurs tailles de couches (ex : 2-4kgs, 4-9kgs, 9-13kgs, etc.).  Les couches évolutives sont sans doute très bien pour les familles peu nombreuses, mais d'expérience, assez logiquement, elles tiennent moins bien après 2-3 enfants que les multi-tailles (qui sont moins portées donc).

En plus des couches en elles-même, il ne faut pas oublier le papier de protection, stratégiquement placé en fond de couche pour recueillir les productions non liquides et pouvoir les évacuer facilement dans la toilette (même si, paraît-il, certains risquent de boucher les toilettes.  RAS chez nous cependant).

Notre expérience

Donc, nous en sommes à 7 ans de pratique en couches lavables, à quelques mois de pause près.  Autant dire qu'on a eu le temps de tester différents trucs, et même de changer d'habitude plusieurs fois... 

Le plus simple est de repartir du début.  Nous voilà donc, l'amiral et moi-même, brandissant fièrement le contrat d'engagement de notre premier moussaillon.  Faut lui préparer son paquetage, donc, nous nous renseignons et nous optons pour les couches lavables (question d'approvisionnement en pleine mer, c'est quand même plus simple de laver que de se faire livrer des paquets de couches par hélicoptère).   Et là, oups, c'est pas si simple qu'il n'y paraît! Y a pléthore de marques, et pléthore de modèles.  Heureusement pour nous, à l'époque, il y avait une brave dame qui tenait une boutique non loin de chez nous, recevait les parents afin de leur expliquer le pourquoi du comment, et surtout, proposait un système de location.  Bah oui, c'est quand même plus sympa de tester avant d'acheter... Surtout dans le domaine des couches lavables, quand un modèle marchera avec un bébé, mais fuitera lamentablement sur un autre!  En plus, l'avantage de louer et de tester les premières semaines (un mois en général), c'est que ça permet d'acheter directement la taille deux dans la foulée, car équiper un tout-tout petit en couches lavables à sa taille, c'est pas très rentable en fait.  Mieux vaut commencer quand il atteint un gabarit plus standard (4-5 kgs).  

Donc, mon premier conseil : Trouver un revendeur qui fait des démos, et souscrire à un pack de location.  

En Belgique, il y a plusieurs filons possibles (je n'ai pas testé, juste utilisé mon ami Google, donc aucune garantie sur la qualité de ces services) : 

- Ecotribu à Bruxelles : Ils font même du ramassage/nettoyage de couches on dirait!
- L'écoquelicot à Wavre (vu très récemment sur Facebook, j'imagine qu'il faut téléphoner... ou aller voir sur place, la dame du magasin est super!)

En France : 

- Une liste d'adresse sur le site Bulle de coton

Bref, nous voilà dûment équipés, 2-3 semaines avant l'arrivée du Moussaillon.  Celui-ci débarque sur le navire (ou embarque plutôt), et après les 2-3 jours de méconium (nous n'avons pas voulu risquer d'abimer les langes de location avec du goudron), nous nous sommes lancés.

Nous avons testé initialement, de mémoire :

  • Des langes à nouer Disana : Certains ne jurent que par ça, surtout pour les tout petits, mais nous avons personnellement coincé sur les lacets qui s'emmêlaient dans la machine à laver.  On me chuchote cependant qu'en nouant les lacets avant lavage, c'est beaucoup plus gérable! 
  • Des couches en bambou Petit Dessous : Convaincus pour la nuit, moins pour la journée (gros popotin).  C'était le modèle équivalent aux Tots/Bots Bamboozles. 
  • Des couches TE2 Bambino Mio : On a vraiment apprécié ce système, très souple et pratique.  La culotte en plastique est bien ajustable, et les langes en tissus simples à plier et peu chers.  Seul bémol : Les culottes ont tendance à mal vieillir au niveau des scratchs, qui deviennent raides et peuvent éventuellement irriter le bébé s'ils sont mal ajustés. J'ai tendance à moins les utiliser avec notre petite dernière. 
  • Des TE1 P'tit Dessous : Le système était très pratique, mais ce modèle fuitait systématiquement sur nos moussaillons... 
  • Des langes Tetras savamment pliés : La séance d'origami après la lessive est un peu longuette, mais c'est vraiment très pratique pour un tout petit, associé à un snappi pour maintenir le tout.  C'est un peu le lange à l'ancienne, mais imbattable au niveau budget, surtout pour la plus petite taille qui  ne dure qu'un à deux mois. 
    Le Snappi : l'épingle de nourrice moderne qui PikPa
Au fil du temps, nous avons pu tester d'autres marques, et nos préférences ont évolué, tout comme l'offre sur le marché, d'ailleurs (certaines de ces couches ne sont sans doute plus disponibles, et d'autres sont peut-être très bien, mais nous n'avons bien sûr pas tout testé). 

  • Nous avons gardé les langes classiques pour la nuit : Imbattables niveau fuites, bien plus fiables que les langes jetables. 
  • Dans les langes classiques, mes préférés sont les So Bamboo de P'tit Dessous (qui ont fait faillite et ont été repris récemment, je ne sais pas ce qu'il en est de la qualité des nouvelles couches).  Elles sont très douces grâce à une couche de polaire, et surtout, très fines avec une qualité d'absorption imbattable. 
  • Après nos essais douloureux avec les TE1, nous avons fini par trouver une marque qui nous convenait : Les Bumgenius Organic.  
  • Au niveau des TE2 : Les Bambino Mio étaient parfaites pour débuter à petit budget, mais plus récemment nous avons trouvé les Flip de Bumgenius dont les scratchs ont l'air de mieux tenir la route.  L'insert en microfibre est top. 
  • Autre TE2 testée : les GroVia.  La culotte est très bien (intérieur pas trop plastique), mais les inserts intérieurs ont vite mal vieilli. 
Globalement, nos recommandations actuelles : 
  • Ne pas se focaliser sur une seule marque, mais varier, au niveau de la forme, de la marque, de la matière : en fonction des circonstances, on préférera un système plutôt que l'autre.  Certains langes sèchent plus vite que d'autres (ex : microfibre), donc pour tenir le coup entre deux lessives, c'est bien d'avoir de tout. 
  • Au niveau matière, il y a du choix entre coton bio, bambou, chanvre et microfibre.  Au niveau écologique, le mieux est sans doute le coton ou le chanvre.  Au niveau du bambou, difficile de trancher, on entend tout et son contraire.  Et pour la microfibre, c'est du synthétique, mais par contre, qu'est ce que c'est pratique niveau temps de séchage... 
  • Prévoir des "booster" : des carrés ou des rectangles de tissus pour rajouter des épaisseurs en fonction de l'âge du bébé, de la capacité de sa vessie ou du temps d'autonomie nécessaire (longue nuit, longue balade, ...).  Pas besoin de trop se casser la tête au niveau marque, tout est plus ou moins compatible avec tout.  
  • Au niveau du système d'attache : Nous avons une préférence pour les scratchs, plus rapides à mettre, mais attention : S'ils sont trop raides, il peuvent blesser l'enfant.  Vérifiez donc s'ils sont petits et/ou souples.  Ceux des Bumgenius sont bien, les Grovia aussi.  Les pressions ont par contre l'avantage d'être plus fiables, notamment quand Bébé aime les strip-teases...  
Sinon, dernier changement dans notre technique de change : à présent, nous utilisons des culottes en laine plutôt que des culottes en plastique.  Pourquoi? Plus confortable et plus respirant! La laine a une très bonne capacité d'absorption, donc elle emmagasine l'humidité transmise par le lange, sans la transmettre à l'extérieur. 
J'en avais acheté une à la naissance du second moussaillon, mais n'avais pas osé l'utiliser plus qu'une fois ou deux : je n'arrivais pas à faire confiance à un tissu tricoté pour garantir l'imperméabilité.  Et puis, finalement, lorsque Bébé Fleur est arrivée, je l'ai ressortie, correctement lanolisée (traitement pour imperméabiliser), et depuis, plus de fuite! Et, ce qui est magique : Alors qu'une culotte en plastique sert une ou deux nuits puis doit être lavée pour cause d'odeur insupportable, une culotte en laine a juste besoin de respirer 12 à 24h avant d'être comme neuve! Je perds le compte du nombre d'utilisations entre deux lavages...

Alors, certes, lors des longues nuits, la culotte a parfois (c'est rare chez nous) tendance à être un peu humide, voire à transférer une légère humidité au pyjama, mais finalement, je trouve que c'est signe que ça respire et que les fesses du bébé ne sont pas confinées dans une atmosphère trop malsaine. Autre avantage : Pas besoin de laver très souvent grâce aux propriétés de la laine et à l'efficacité de l'aération. 

Au niveau culottes en laine, nous avons testé deux modèles : 
  • Le shorty de Popolini (trouvé chez Zeneco) : Le nôtre a mis un peu de temps à être au top niveau protection, il a fallu bien lanolisé et attendre qu'il feutre un peu, et puis, nickel! Malheureusement c'était une petite taille, donc ça fait bien longtemps qu'il est remisé dans les caisses.  Sympa et chouettes coloris, mais il a été détrôné par l'autre marque testée : 
  • Les shorties et longuies Manymonths (trouvés chez Ecoterre ou Mamoulia) : Un fil en laine mérinos super fin qui donne une tricot très serré et fin, un tissu vraiment très souple en deux épaisseurs, et une coupe bien ajustée, le shorty pour quand il fait chaud et le longuie pour la saison froide ou comme pantalon en journée.  Après la lanolisation mode "tartinage" qui va bien (technique trouvée chez Mamoulia), aucun souci de fuite, et sans feutrage contrairement au Popolini! Bébé Fleur les porte chaque nuit, et on utilise également les longies comme leggings sous une robe, par exemple (à condition de fermer le body au dessus, sinon il tend à glisser. C'est bizarre, mais y a moyen de faire ça discrètement avec les bodies de la même marque qui ont un entrejambe amovible).

Bref, coup de coeur total pour cette matière naturelle, noble et auto-nettoyante. J'y reviendrai sûrement dans un autre article, car Bébé Fleur est quasiment exclusivement vêtue de laine et les grands moussaillons en portent une fine couche sous leurs vêtements.  


Les inconvénients


Bon, tout n'est pas rose avec les couches lavables, hein.  Faut pas se voiler la face, si c'est largement gérable même avec une famille nombreuse, ça reste plus complexe que les couches jetables (même s'il y a moins de poubelles puantes à évacuer). 

Citons, en vrac : 
  • La nécessité de mettre parfois "les doigts dans la m***".  Certes, les couches jetables débordent parfois aussi, mais avec les couches lavables, c'est beaucoup plus fréquent de devoir récurer un caca qui n'a pas réussi à se cantonner au brave papier de protection. Bah, on s'y fait hein... En tout cas, un bon rinçage avant la mise en machine suffit généralement pour faire disparaître la plupart des tâches.  
  • Le rythme des lessives qu'il faut arriver à garder.  Bien qu'avec trois moussaillons, je me demande si finalement, la surcharge de lavage due aux couches soit si importante que ça... 
  • La complexité des sorties : Il faut prévoir des langes de rechange (pas de surprise), mais SURTOUT, un petit sac pour trimballer les langes souillés.  Et là, on bloque un peu... Se trimballer avec un sac qui pue, bof.  Surtout qu'on est du genre distrait, alors le sac qui pue oublié dans un coin pendant, 2, 3, 4... jours, beurk. Donc, jetables pour les balades. 
  • La crèche : Dans notre cas, elle n'a pas été intéressée par l'expérience, donc nous sommes bien forcés de jongler entre langes lavables et langes jetables.  
  • Les grands-parents : En l'occurrence, chez nous, ils n'ont pas vraiment été séduits par notre choix, donc... langes jetables pour quand ils s'occupent de la marmaille. 
  • Le temps de séchage et l'encombrement du séchoir : Nous sommes restés pendant 6 ans sans sèche-linge, donc les couches qui sèchent au milieu du séjour, on connaît bien.  Bah, on peut dire que ça aidait à humidifier l'ambiance en hiver... 
  • Et enfin... le fameux Champignon Mangeur de Couches!  Petite mésaventure qui nous est arrivée deux ou trois fois depuis que nous avons un sèche-linge électrique, donc depuis un an à peu près : Le sèche-linge est un peu chiche au niveau temps de séchage, donc si on ne lance pas un second cycle ou qu'on ne termine pas le séchage sur un fil, la couche se retrouve stockée sans être complètement sèche.  Terrain propice à un brave petit champignon qui mange le coton, le bambou et le chanvre... Solution : La soupe de couches! Un passage à la casserole, on fait bouillir quelques minutes, et zou, on récupère une couche à nouveau fréquentable, bien qu'ayant perdu un peu (parfois beaucoup) de fibre absorbante dans l'aventure.  Et en prévention : Lessives à 60° pour les couches qui ont attendu plus d'un jour ou deux et sproutch d'huiles essentielles désinfectantes.  

Et pour conclure... 

Pour conclure, les couches lavables, c'est bien.  Mais plus de couche du tout, c'est mieux!  Et oui, nous commençons à voir le bout, et en écrivant cet article (ce qui a pris quelques semaines), je me suis rendu compte que je ne testerai probablement plus jamais d'autre modèle de couche puisque Bébé Fleur s'est joyeusement engagée sur la voie de la propreté... Et c'est tant mieux ;-). 


















vendredi 24 juillet 2015

Quatrième trimestre : Debout les gars!

Continuons donc la mise à jour de notre journal de bord, catégorie "Evolution de la bleusaille".

Développement du moussaillon 

Nous en étions restés avec un moussaillon de 9 mois, potentiellement debout et potentiellement rampant (ce qui n'est donc pas le cas de ma recrue n°3).  Le quatrième trimestre sera consacré à l'approfondissement de ces compétences, à l'exploration de l'environnement et introduit tout doucement les prémices du dialogue.  Si, en pratique, on n'obtient dans le meilleur des cas que les traditionnels "Papa" et "Maman", en interne, les circuits neuronaux se créent, les synapses s'agitent dans tous les sens et ça mémorise du vocabulaire à tout berzingue.  Soyez-en sûr, le langage du moussaillon finira par exploser tôt ou tard, et vous finirez par demander grâce devant l'avalanche des Pourquoi!

Il devient à présent difficile de donner une évolution mois par mois, celle-ci dépendant tellement du rythme personnel de l'enfant.  Certains feront déjà leurs premiers pas, tandis que d'autres travailleront plus la communication.

Globalement, la motricité fine évolue : les petits doigts du P'tiot sont capables d'utiliser le mode "pince", et d'attraper des objets entre le pouce et l'index.  La concentration évolue, le regard se fait très observateur.  Les livres prennent tout leur intérêt, aussi bien au niveau observation qu'au niveau manipulation.  Quel travail tout en délicatesse, le tournage de pages.  Les deux mains peuvent à présent faire deux choses séparées en même temps.  A table, il devient de plus en plus autonome et s'essaie à l'utilisation des couverts si on lui laisse l'opportunité de les manipuler lui-même.

Les jeux de cache-cache se complexifient, le moussaillon cherche à retrouver les objets cachés.  Il commence à apprécier les contenants : Vider, remplir, ouvrir, fermer... Des gestes mille fois répétés, si simples en apparence, mais derrière ces petits yeux concentrés, ça fourmille de circuits neuronaux en pleine activité!

Nous parlions du déplacement plus haut.  Nous avons souvent tendance à nous focaliser sur la marche, mais il y a tellement de prémices, tellement de petites étapes tout aussi importantes, mais qui passent parfois inaperçues.  Se mettre debout à deux mains, à une main, se déplacer en se tenant aux meubles, marcher à quatre pattes ou sur les fesses, se mettre debout sans appui... Pour peu qu'on l'observe, chaque enfant surprend par un enchaînement bien personnel de toutes ces étapes.  L'Aventurier n'a su se mettre debout sans appui que bien après avoir acquis la marche, tandis que sa soeur a fait l'inverse.  Quant au P'tit Pirate, crapahuteur précoce, il a mis longtemps avant d'être capable de revenir en position assise, ce qui n'était guère pratique.

Enfin, le déplacement horizontal est une chose, le vertical ne doit pas être négligé pour autant! Grimper sur les meubles, quel bonheur! Table basse, chaise, petit escabeau, voire carrément grand escalier, terrain de jeux inimitable mais tellement éprouvant pour les parents angoissés que nous sommes... Le déplacement se fait à présent en trois dimensions, et ouvre de nouvelles perspectives de bêtises/d'autonomie (tout est une question de point de vue) à l'enfant : Empiler quelques objets et grimper dessus pour accéder au Graal inaccessible...

Toutes ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives à l'enfant : Découvrir son environnement... et au delà.  Découvrir le monde, agir dessus, interagir.  Quel pouvoir lui est à présent accessible! Quel potentiel d'aventures! Hélas viennent avec un lot de frustrations liées aux limitations physiques ou simplement parentales, empêchant le petit moussaillon d'explorer les moindres recoins du navire.  Avec les premiers "Non" parentaux viennent les premières expressions de la volonté contrariée du moussaillon.  Les caractères peuvent s'affirmer et s'exprimer au travers de ces émotions qui s'enrichissent : Après la joie, la détresse physique, la peur, la tristesse, voilà la colère qui vient pimenter le quotidien de l'équipage.

Et Bébé Fleur... 

Bébé Fleur, elle continue à prendre son temps, à son rythme, elle attend son heure.  Mais une fois que le déclic est là, ça ne traîne plus! Ramping fonctionnel à 10 mois, passage au 4 pattes une semaine plus tard, et dans la foulée, la position debout qu'elle adopte extrêmement rapidement.  Nous la retrouverons bientôt debout sans appui des mains... Avant de la voir traverser un nouveau palier de stabilisation de ses acquis, qui durera plusieurs mois.

Up!

Mais Bébé Fleur ne s'ennuie pas pour autant : Elle vide les paniers à linge, elle joue avec le piano de son frère, elle lance ses jouets aux quatre coins de la pièce, elle démolit les constructions des autres moussaillons, ...  Bref, c'est un Démon Entropique de la pire espèce, mais tellement, tellement mignon...

Matériel et activités

Au niveau des manipulations, il est bien entendu toujours possible de proposer les activités du trimestre passé : Boîte à formes, paniers à trésor, objets à découvrir... Même s'il est à présent dans le déplacement, le moussaillon ne dédaignera pas à l'occasion s'assoir tranquillement et s'affairer paisiblement devant quelques objets divers.  Mais pas longtemps, généralement.  

Les cubes sur le miroir, pour encore plus
de sensations
Triptyque d'activité Goula, aussi apprécié
par le P'tit Pirate, du haut de ses 4 ans

Quelques jolies perles Grimm's et une boîte à oeufs (vide, of course).
L'idée, c'est de Alys, du blog Minuscule Infini
Et à propos d'oeuf, un oeuf en bois et un
coquetier, c'est aussi l'éclate
Ah, et la concentration portée à son comble : Le vidage systématique
de l'étagère à jeux/livres... 
Un panier à linge rempli de vêtements soigneusement repliés : Géant!

Autres jeux qui ont rejoints nos coffres à l'occasion de ce quatrième trimestre : Les instruments de musique.  Enfin, à vrai dire, ils étaient déjà là, mais ils deviennent à présent sacrément intéressants pour notre Petite Fleur : Piano, guitare (sous surveillance), xylophone, clochettes, bâton de pluie, etc.  Dans la catégorie Home Made, on peut également se débrouiller avec une bouteille en plastique remplie de riz comme maracas, ou bien des couvercles de casseroles comme cymbales.

Miam, la jolie clochette.  C'est un Fa. 
Le piano électronique de l'Aventurier,
adopté par la P'tite Soeur.  Il a été remplacé
par un "vrai" piano numérique depuis, pour
encore plus de plaisirs de 1 à 99 ans!

























Par contre, les déplacements étant nouveaux, on peut envisager de le guider dans ses explorations motrices, en mettant à sa disposition des objets qui l'aideront à avancer.  Je ne parle pas des trotteurs, dont l'usage est déconseillé d'une part à cause des dangers qu'ils induisent, et d'autre part, parce qu'ils ne permettent pas un bon apprentissage (suspension sur l'entrejambe, mauvaise position, mauvais sentiment de sécurité de l'enfant, ...).  Par contre, et c'est beaucoup moins cher, une
caisse en carton, un petit tabouret, n'importe quel objet un peu stable mais néanmoins mobile peut apporter beaucoup de plaisir à notre petit explorateur.   Evitez cependant aussi de trop servir vous-même de support d'apprentissage à la marche à pied... Très mauvais pour le dos! Nous avons beaucoup souffert avec l'Aventurier, haut comme trois pommes et qu'il fallait guider interminablement dans l'appartement, à moitié pliés en deux pour pouvoir tenir ses petites mimines.  Le P'tit Pirate étant plus grand en taille, nous a épargné des douleurs aussi vives, mais ce fut tout de même dur à supporter.  Quelle délivrance quand le moussaillon accepte enfin de se contenter d'une seule main! Mais pour Bébé Fleur, nous ne lui avons pas proposé ce petit jeu, ou elle ne l'a pas demandé, je ne sais pas très bien.  Toujours est-il qu'elle a appris à marcher, certes plus lentement que ses frères, mais surtout, sans assistance! 

Le Wheely Bug a aussi beaucoup de succès,
en mode "porteur".  C'était pas prévu pour ça
à l'origine, mais ça fait un sacré bolide...
Hop, un tabouret Ikea et c'est parti
pour l'aventure 

  
Y a pas toujours besoin de matériel sophistiqué
pour s'entraîner... Une table basse, c'est déjà
un bon point de départ.  D'abord, on s'en sert
pour se mettre debout, puis pour attraper tout ce
qu'il y a dessus, puis pour tourner autour,
et enfin, après quelques mois d'entraînement,
on se met debout dessus!
9 mois, ça parait un bon âge pour s'entraîner aux tractions... 

La fin de ce quatrième trimestre a coïncidé chez nous avec l'arrivée du printemps et la possibilité de profiter du jardin.  C'est toujours un must pour les moussaillons, qui, d'un coup, s'épanouissent au contact du bon air et des premiers rayons de soleil printaniers.  Evidemment, c'est mieux pour les pantalons si le moussaillon maitrise déjà la marche bipède, mais le quatre pattes, c'est bien aussi.  C'est juste plus de travail pour la machine à laver... 



Que de découvertes au jardin! Une brindille qui traine, et hop,
dix minutes d'intense concentration. 
Ah oui, sur le navire, ça manque d'eau, alors
les garçons ont un circuit Aquaplay, trèèèèès
vite adopté par Bébé Fleur.  Prévoir beaucoup
de tenues de rechange, surtout quand le fond
de l'air reste frais. 



 Enfin, et puisqu'il est parfois utile de disposer d'activités-ressources pour occuper le moussaillon dans sa chaise haute puisqu'il n'est pas possible de toujours courir derrière, pourquoi ne pas l'initier aux arts plastiques?  Une feuille de papier scotchée sur la table, quelques crayons faciles à prendre en main, et c'est parti! Temps de l'activité : 120 secondes, top chrono... 


Premier dessin, avec des crayons "spécial
bébé".  Bon, je n'ai pas trouvé ça très
convainquant, la forme n'invite pas vraiment
au tracé. 
Oeuvre d'art comestible... Beaucoup
de succès! 
  





lundi 20 juillet 2015

Troisième trimestre : Branle-bas de combat!

Bon, donc, lors du deuxième épisode, nous nous étions arrêtés avec un moussaillon plutôt statique, qui s'offre de temps à autre une promenade à coups de roulé-boulé ou bien qui commence à tenir assis, mais guère plus.  Le troisième trimestre est un peu plus fun, puisque la compétence "déplacement volontaire" se profile à l'horizon.  C'est le moment où jamais de passer le navire en mode Full Baby-Proof...

Développement du moussaillon 


Comme je n'ai pas rattrapé mon retard de la dernière fois mais l'ai au contraire soigneusement cultivé (je n'oserai pas avouer l'âge actuel de Bébé Fleur... mais il va falloir la rebaptiser), je vais procéder de manière similaire, en croisant mes notes et la théorie.  Je n'aborderai pas ici la diversification alimentaire, étape très symbolique du septième moi, puisque j'ai déjà partagé mon opinion sur le sujet dans un précédent article.

La théorie (toujours sur base du livre d'Anne Bacus, "l'éveil des tout-petits" : 


- 7 mois : Le bébé est capable de voir parfaitement, et peut également utiliser ses deux mains pour manipuler ses hochets. Il commence à tenir assis avec un léger support, et peut pivoter le tronc pour attraper des objets.  Ses capacités de mémorisation augmentent, et il apprécie de plus en plus les jeux de cache-cache.  S'annonce également le stade de l'angoisse de la séparation du huitième mois, lorsqu'il commence à appréhender l'absence de ses parents.

- 8 mois : L'agilité de ses doigts augmente et lui permet de jeter ou lancer les objets, avant de s'empresser de les réclamer.  La coordination globale augmente, et les premiers déplacements peuvent s'amorcer, en ramping, 4 pattes ou sur les fesses.

Yeah, le ramping! Plus besoin de nettoyer le sol!


- 9 mois : Bébé consacre de plus en plus d'énergie à l'exploration physique, des objets ou de son environnement, ce qui inclus donc ses déplacements.  C'est souvent l'âge du début de la position debout, en appui contre les meubles.

Mes notes sur Bébé-Fleur : 

D'un point de vue moteur, Bébé Fleur prend un peu son temps.  Elle a finalisé l'art du retournement à passé 7 mois, explorant le salon à coups de "roulé-boulé", et se retrouvant régulièrement coincée sous le divan ou la table basse, au grand amusement des autres moussaillons.  La position ventrale n'a longtemps pas eu la côte (et nous n'avons pas forcé, comme j'en parlais précédemment), mais elle a fini par l'adopter, et à 8 mois, faisait laborieusement ses premiers millimètres en ramping marche avant... Il a fallu attendre jusque ses 10 mois pour que la technique devienne un mode de déplacement efficace.  Quant à la station debout, là aussi, il faudra attendre le quatrième trimestre, mais chut, spoiler... Bref, une petite qui prend le temps de peaufiner ses acquisitions, disons.  Beau contraste avec le P'tit Pirate, qui rampait à 7 mois, et crapahutait à 8, en même temps qu'il se mettait debout.  Elle nous apprend la patience, et l'art d'admirer son enfant en dehors de tout référent de développement psychomoteur...

Malgré tout, ce troisième trimestre l'a quand même vue acquérir une position assise fonctionnelle, permettant une utilisation efficace de ses mains, et donc, plein de manipulations au programme.  Les activités les plus appréciées : Les repas... Manipuler les aliments, les couverts, porter à la bouche ou lancer par terre, tout est opportunité de découverte.  Le must du must : Le spaghetti sur table... sans sauce, bien sûr.  L'expérience sensorielle ultime...

Matériel et activités

L'environnement 

Bon, à présent que Bébé utilise la position assise et commence à explorer son environnement, on va un peu mettre de côté les mobiles et autres portiques de jeux.  La préoccupation principale : Sécuriser l'environnement.  Coussins autour du petit Boudda, vases et autres colifichets fragiles remontés au dessus d'un mètre du sol, plantes en pot planquées hors de portée... (le terreau fait apparemment un délicieux dessert), le stade du déplacement imminent nécessite quelques aménagements.  Pour notre Aventurier, un déménagement nous avait permis d'aménager un séjour Bébé-proof dès la conception, ce qui est un énorme avantage.  Pour le P'tit pirate, nous avons gardé la même formule, l'aîné n'ayant pas énormément de jouets posant problème.  Par contre, pour Bébé Fleur... ce fut plus galère, car deux garçons de 3 et 6 ans, cela apprécie particulièrement Playmobils, Légos, et autres jeux à petites pièces (saviez vous que les billes sont toujours à la mode dans les cours de récréé?).  Et ces mêmes garçons rechignent évidemment à limiter leur terrain de jeux à leur chambre à coucher, chambre à coucher de toute façon monopolisée par les siestes de la dernière venue.  

La solution? Avoir des yeux derrière la tête, coacher les aînés pour qu'ils surveillent leurs jouets, et, surtout... essayer de se détendre, car il n'est pas toujours possible de tout surveiller.  Bébé s'habitue, espérons-le, à se voir régulièrement examiner la cavité buccale au moindre signe de machouillement suspect...

Les jeux et activités

Après ces quelques lignes un peu catastrophistes, voyons les choses sous un angle plus positif : il est en effet également possible de tirer parti de ces nouveaux déplacements. On peut placer des jeux sur des meubles bas, permettant ainsi leur découverte au cours des explorations de l'enfant, ou dans les tiroirs ou armoires soigneusement sélectionnés pour rester accessibles... 

La position assise permet également de nombreuses nouvelles activités, outre la manipulation des hochets dans une nouvelle perspective.  J'en ai parlé longuement dans un de mes premiers articles.  Je reste assez d'accord avec tout ce qui y est dit, si ce n'est à propos des jouets dits "bruyants".  Le navire ayant acquis une coloration musicale plus marquée ces derniers mois, nous disposons à présent d'une petite collection d'instruments de musique qui plaisent énormément à tout l'équipage : Xylophone, clochettes,...  J'y reviendrai à l'occasion.  Autre petit ajout par rapport au matériel listé : Une boîte à formes "Montessori".  L'idée : Ne pas proposer directement plusieurs solides de formes différentes à l'enfant, mais suivre une "progression" en isolant chaque difficulté.  

Bébé Fleur aux prises avec le premier niveau de la boîte à formes.
Au passage : Oui, son body est au dessus de son short.  Oui, c'est fait exprès, j'en parlerai peut-être un jour. 



Première étape : Mettre une boule dans un trou rond, puis un cube dans un trou carré, puis un prisme dans un trou triangulaire, puis combiner les formes, etc.  A la base, il faut une boite à forme par étape, mais heureusement, il existe des modèles évolutifs très pratiques comme celui de Nature et Découvertes que nous avons acquis (appelé "boîte de notion de permanence de l'objet", excusez du peu).   Il est très bien, à condition de bloquer la plaque supérieure avec un peu de papier collant, sinon l'enfant s'amuse à la retirer (et après tout, pourquoi pas... tant que cela lui plaît!).  Il existe depuis peu une boîte similaire chez Oxybul... On dirait qu'il y a comme un petit effet de mode! 

Bébé Fleur a pris son temps pour apprivoiser la boîte.  Elle a tout d'abord approfondi ses compétences en balistiques en étudiant les trajectoires de la boule en bois, puis un jour, alors que je faisais part à ma maman de mon désespoir de la voir un jour insérer la balle dans la boite, elle m'a regardé d'un air condescendant, et d'un seul geste assuré, l'a glissée dans l'orifice.  Elle avait 10 mois, la boîte est supposée être pour les enfants à partir de 6 mois... Encore aujourd'hui, six mois plus tard, elle n'en a pas encore exploré tout le potentiel! 

Autre jouet "montessorien" que j'ai ajouté à notre panoplie : une balle en tissu particulièrement facile à agripper pour les tout-petits.  Etant donné les capacités de future lanceuse de baseball de ma fille, on peut dire que ce jouet était bienvenu.  Aujourd'hui encore, elle dort avec dans son lit... 



J'ai fabriqué cette balle en suivant le tutoriel du site "Alternatives Montessori".  Le tutoriel est très clair, et la balle facile à confectionner, il faut juste un peu de patience pour fabriquer et assembler les douze pièces.

Dans la catégorie bricolage, dans le genre ultra-simple à confectionner, il y a les bouteilles colorées.  6 petites bouteilles d'eau, trois tubes de colorant alimentaire, une boite qui va bien, et voilà un matériel intriguant à souhait pour les petits moussaillons de 6 mois à 6 ans! Les secouer, les écouter, les lancer, les regarder à travers la vitre, jouer avec les reflets...

On en voit plein sur Internet, par exemple :
- Chez Merci Montessori 
- Chez Nathan


Sur le même principe, on peut se contenter de remplir une bouteille avec du riz, du sel, n'importe quoi qui fasse un bruit sympathique lorsqu'on secoue.  Ne pas oublier, dans tous les cas, de bien coller le bouchon...



Tout ces objets à manipuler peuvent être présentés à l'enfant dans des petits paniers, pratiques pour le rangement tout en permettant à l'enfant de voir le contenu.  Assis, il manipulera aisément les objets contenus, et, plus tard, lorsqu'il maitrisera la position debout, il pourra lui-même aller les chercher sur l'étagère. On peut les rendre thématique : Panier de balles, panier de tissus, ou tout simplement, panier hétéroclites d'objets du quotidien.  Vous avez remarqué à quel point les enfants adorent... ne pas jouer avec leurs jouets, mais plutôt avec tous les petits trucs qu'on laisse traîner à leur portée? Clés, téléphone, digipass, mais aussi cuillère en bois, décapsuleur, clé à molette... Pourquoi ne pas leur laisser expérimenter toutes ces textures, ces matériaux différents, ces objets d'autant plus intéressant qu'ils ont une réelle utilité?


Une pelote de laine, une pince à cornichons, un hochet... 
...une pomme de pain, et... un presse-ail! Quel succès... 

Pour en savoir plus sur ces "paniers aux trésors", quelques lectures complémentaires :
- Sur le site Nido Montessori 
- Sur le blog Minuscule Infini : Une présentation du principe avec pas mal d'exemples (et des bouteilles d'eau colorée!), puis, dans un autre article, quelques tuyaux pour trouver des paniers naturels et étiques.



Bon après, bien entendu, une avalanche de jouets ne remplace pas les temps d'échange, précieux et tellement profitables à nos petits bouts.  On n'oublie donc pas jeux de cache-cache, massages, papotes, promenades, câlins, chatouilles... à volonté. Rien de tel pour casser un moment pénible entre un parent fatigué et un bébé chouineur qu'une grande partie de roulé-boulé sur le lit parental! 







lundi 5 janvier 2015

Deuxième trimestre de stage à bord

Bon, Bébé Fleur va fêter d'ici quelques jours ses dix mois, mais j'ai un énorme retard dans le journal de bord... Revenons donc quelques mois en arrière pour écrire la suite de cet article, hélas sur base de mes notes essentiellement, puisque la Moussaillone a beaucoup changé depuis son second trimestre.

Le moussaillon de 4 à 6 mois 


J'avais donc laissé Bébé Fleur âgée 3 mois, avec comme compétences le fou-rire, et une motricité pour le moins limitée puisque ses petites mains ne pouvaient encore que vaguement tapoter dans des jouets suspendus.  Heureusement, avec les bébés, il y a rarement de statu quo, et en un trimestre, l'évolution est fameuse.  Je vous en donne un aperçu, d'une part, à travers mes notes concernant Bébé Fleur, et d'autre part, sur base de mes bouquins. Enfin, d'un bouquin... celui d'Anne Bacus sur l'éveil du tout petit, qui est celui que j'ai sous la main (j'ai la flemme de croiser les sources, de toute façon, ça pullule sur le net...). .

4 mois : 

Mes notes : Bébé Fleur commence à pivoter latéralement.  Surtout quand elle est fesse nue.  Car oui, c'est l'été, et Bébé Fleur est un peu naturiste sur les bords.  Tant qu'elle ne se déplace pas, vive les alèses! Plus sérieusement, je suis très impressionnée de voir la différence de mobilité d'un bébé avec et sans langes, c'est flagrant.  Et encore plus quand, comme nous, on utilise des couches lavables, réputées plus épaisses.  (d'ailleurs, c'est prouvé, les bébés qui portent des couches marchent plus tard que les autres!!) On espère toujours voir un retournement sur le ventre complet, mais il faut se faire une raison : Il y a une épaule qui bloque, et il faudra encore de nombreuses semaines d'entraînement avant de franchir l'obstacle.  A part ça, les petites mains commencent à attraper et à manipuler les hochets, et la position assise s'annonce (mais de très loin), avec un bébé qui essaie de se redressé lorsqu'il est sur les genoux des officiers.  

La théorie : Bébé attrape les objets à sa portée et les porte à sa bouche.  Le haut de son corps se muscle de plus en plus, et, allongé sur le ventre, il peut se soulever sur les avant-bras et garder les jambes étendues.  Il a l'oreille fine et essaie d'identifier l'origine des bruits, et développe ses capacités d'échange et de socialisation. 

5 mois

Mes notes : Bébé Fleur a réussi à se mettre sur le ventre, d'abord sans, et puis avec sa couche.  Problème : Elle n'aime pas la position... donc elle réclame de l'aide pour un retour illico dans le mode précédent.  Le dos et les jambes se musclent petit à petit, et elle découvre ses pieds.  Dommage pour les chaussettes qui vont devoir lutter très dur pour rester en position.  Au niveau du langage : Les bruits se diversifient, et les doux gazouillements du début ont laissé la place à des grincements pour le moins surprenants.  

La théorie : Bébé commence à pouvoir rester assis tout seul en étant bien soutenu.  Sur le dos, il se prend de passion pour ses pieds.  Il s'entraîne à passer les objets d'une main à l'autre, et il lui arrive de les lancer pour observer la trajectoire de chute.  Il essaie de plus en plus de reproduire les sons et les intonations de sa langue maternelle. 

6 mois

Mes notes : Pas d'évolution au niveau des déplacements moteurs, mais les manipulations fines évoluent : les hochets passent d'une main dans l'autre, la pince "pouce-index" est maitrisée, et les petits doigts deviennent de plus en plus précis pour attraper leurs cibles (au hasard : une mèche de cheveux du Capitaine?).  Bébé Fleur développe également son sens du toucher, et s'est découvert une passion pour les textures de tissus en tout genre.  Bébé fleur ne se tient pas assise... principalement parce que nous ne pensons pas à la mettre dans cette position.  

La théorie : Assis, Bébé commence à pouvoir se pencher et se relever seul, grâce à ses abdos qui se musclent de plus en plus.  Allongé, il roule dans un sens puis dans l'autre, ce qui lui permet de se déplacer.  Certains commencent à ramper sur le ventre.  Il apprécie les jeux avec les adultes, interagit avec son reflet dans le miroir, et est passionné par les liens de cause à effet.

Matériel et activités : 

La motricité 


Bon, on l'a compris, ce trimestre, au niveau motricité, on se focalise sur les roulés/boulés et les débuts de la position assise.  Pour cela, on continue sur la base du premier trimestre, à avoir une zone de jeu bien confortable, avec un tapis ferme mais confortable, des couleurs attrayantes, des objets en suspensions à attraper, mais également des hochets sur le sol pour motiver les rotations latérales.  Le miroir est toujours intéressant, pour agrandir la perspective et donner un compagnon pas cher à votre rejeton.  Pas de raison non plus de ranger les mobiles au placard, il n'y a pas d'âge pour admirer le plafond! 

En ce qui concerne la position assise et la position ventrale, il y a différents courants de pensée.  Celui que j'ai plus ou moins suivi pour Bébé Fleur (un peu moins pour les aînés, mais j'avais déjà ces principes en tête), c'est celui de la motricité libre (voir par exemple un superbe explicatif illustré ici ou un exposé plus théorique ici), qui consiste à laisser l'enfant aussi libre que possible dans ses mouvements, dans les positions qu'il connaît.  On limite donc au strict minimum le temps passé dans les transats, relax et autres fauteuils qui contraignent les mouvements du bébé. 

Hors de question également de mettre le tout-petit dans une position qu'il ne maîtrise pas, comme par exemple, la position ventrale, tant qu'il ne sait pas s'y placer de lui-même.  L'Aventurier ayant dormi sur le ventre depuis tout petit pour la bonne et simple raison qu'il ne dormait pas sur le dos, il a toujours été très tonique en position ventrale.  Je ne me suis donc jamais gênée pour l'y placer.  Le P'tit Pirate n'a également jamais semblé mal à l'aise dans cette position, mais Bébé Fleur, par contre, ne l'apprécie vraiment pas, donc je n'insiste pas une seconde! 

Même chose pour la position assise, en théorie (voir par exemple cet article, très critique).  Personnellement, j'estime que quand on porte beaucoup son enfant, et qu'a fortiori, on s'assied avec lui sur les genoux, on le met de facto en position assise, bien qu'il ne l'aurait pas fait lui-même. Du coup, on peut suivre et accompagner de nos bras l'évolution de cette assise, et donc être en mesure d'identifier le moment où l'enfant tient seul sans trop se fatiguer.  Pour Bébé Fleur, cela s'est fait vers 7 mois, et elle a alors été capable de tenir et de s'amuser assise de long moment sans manifester ni fatigue, ni inconfort.  Par contre, c'est vrai que, du coup, cela limite le temps passé librement, allongée.  Mais ayant un peu fait le tour de la position dorsale et n'aimant pas du tout la position ventrale, Bébé Fleur semblait un peu frustrée de la situation et a beaucoup aimé ce changement de perspective.  Bref, à chacun de faire comme il le sent.  


Les manipulations

Ahhh, là, on attaque les hochets! J'adore les hochets, les beaux hochets en matières nobles, bien pensés, aussi attrayants pour les adultes que pour les bébés.


Commençons par le premier, la Star des Hochets, Mister le Skwish! Indiqué dès la naissance, et à raison, car il se suspend très facilement pour permettre au bébé de taper dedans.  Souple, réformable, facile à prendre en main, évolutif... S'il ne fallait acheter qu'un hochet, ce serait celui-là.  



Pour le reste de la collection, je me suis encore fait influencée par la sphère montessorienne, qui propose plusieurs hochets simples et bien conçus qu'il est possible de fabriquer soi-même

- Le Hochet Infini : Deux doubles disques imbriqués, parfait pour le transfert d'une main à l'autre.  Fabriqué par Monpapahamwa sur base de photos disponibles en abondance sur la toile.  Depuis, Nature et Découverte en propose dans sa collection Montessori, mais il n'est pas aussi beau que le mien (heu, pardon, que celui de Bébé Fleur)





- Le hochet de perles : Un simple cordon, quelques jolies perles de taille adéquates, quelques noeuds bien solides, et voilà un hochet vite fait bien fait.  Pour les perles, il en existe de magnifique chez Grimm's, belles couleurs et peintures naturelles.  Malheureusement, des deux hochets que j'ai fabriqué, j'ai réussi à en perdre un.  Il y a d'autres variantes possibles sur base d'anneaux et de grelots, comme ici ou ici ou encore ici


- La balle de préhension : Egalement disponible chez Natures et Découvertes (bah oui, Montessori, c'est très à la mode), je l'ai malgré tout faite moi-même.  Simplissime, mais un peu long... Beaucoup de pièces à assembler, c'est très répétitif.  Néanmoins, c'est toujours gai de bricoler quelque chose pour son bébé, et au moins, ma/sa balle est unique.  

J'ai également d'autres hochets plus classiques, comme ceux de chez Haba (celui avec les boules est terrible comme anti-stress), en bois ou en tissu.
Et un petit dernier pour la route : Un engin bien sympathique, acheté je ne sais plus où, très agréable à manipuler et doté de roues pour de premières expériences automobiles.  




Les interactions

Le matériel et les positions, c'est une chose, mais le plus précieux, pour le petit, ce sont bien sûr les interactions sociales.  Alors, non, Bébé ne va pas se mettre à parler subitement entre 4 et 5 mois, il n'y a pas de "cap" spécialement remarquable à ce stade, mais plein de petites évolutions, des modifications dans les modulations de la voix, une expressivité accrue du regard, et, généralement, beaucoup, beaucoup de sourires et de rires.  

Un seul mot d'ordre : En profiter.  Papoter, faire des grimaces, jouer à "coucou - caché", masser, chatouiller gentiment, faire des "pfffrtt" dans le cou, danser, chanter, montrer des images, lire des histoires, etc.  Surtout, ne pas avoir peur du ridicule, et prendre plaisir à chacun de ces moments un peu déjantés! 










lundi 11 août 2014

Comment occuper un Moussaillon pendant son premier trimestre à bord?

Bébé Fleur est à bord depuis quelques mois déjà.  Mais à quoi ça sert, un bébé, sur un navire? Ca ne parle pas, ça ne marche pas, ça ne sait pas utiliser ses mains.  Même pas moyen de l'envoyer nettoyer le pont!


Accessoire intéressant, mais pas utilisable avant 6-9 mois
Un nourrisson sur un navire, avouons-le, en tant que tel, c'est inutile.  Quoi que, surtout dans le cas de notre Bébé Fleur, il peut avoir un effet extrêmement positif sur le moral du reste de l'équipage.  En tout cas, c'est un investissement sur le long terme : Un peu de patience pour les débuts de l'apprentissage, et au final, on obtient un membre d'équipage effectif de plus, et des petites mains pour aider à affaler les voiles, on n'en a jamais assez.

0-1 mois


Mais reprenons au début.  Fraîchement sortie de l'oeuf et tout juste embarquée sur le navire, le nombre de fonctionnalités de Bébé Fleur était vraiment minimal : L'input, l'output, un système d'alarme basique, et, un niveau de communication assez plat.  Mais un potentiel immense, et déjà un processus d'apprentissage enclenché à vitesse maximum!

C'est qu'il y en a des choses à apprendre, quand on sort de 9 mois en milieu fermé avec alimentation automatique : La température, la faim, la lumière, le son, le toucher, les odeurs, le mouvement, le... sommeil.  Vaste programme, à couvrir en un temps record!

Premier apprentissage : Se nourrir.  Bah, pas si simple que ça, y a qu'à voir à quel point les débuts de l'alimentation sont surveillés médicalement! Allaitement plus ou moins facile à mettre en place, bonne formule et bon dosage de lait maternisé à trouver... Entre les refus de téter, les crevasses, les allergies aux composants du lait en poudre, le mode d'emploi des stérilisateurs de biberon à décrypter, il y a de quoi s'arracher les cheveux.  Je ne m'attarderai pas sur ce sujet, ce n'est pas le thème de cet article

Second apprentissage, en parallèle : Le dodo.  En fait, c'est plus un update qu'un apprentissage "from scratch", puisque bébé dormait déjà à l'intérieur de l'oeuf.  Là, faut s'habituer au bruit (ou à l'inverse, au silence... sans le doux battement du coeur de Maman), au cycle circadien, aux différents modes de couchage, ... Ici non plus, je ne vais pas me risquer à parler de tout ça, puisque de toute façon, nous sommes nuls à ce jeu-là, nous n'avons jamais réussi à apprendre à nos moussaillons à dormir la nuit (et, pire... Bébé Fleur était bien réglée à la naissance, mais a réussi à le désapprendre en moins de trois mois, snif!)

Hop, une photo de chaton! 


Plus intéressantes sont les découvertes sensorielles : La lumière, les visages, les sons... Et là, on peut, en plus bien sûr de notre présence quotidienne et des longs échanges de regard, mettre certaines choses en place pour intéresser notre moussaillon en devenir.


  • La lumière, les contrastes et les rayures (voir le livre de Gopnik dont j'ai déjà parlé):  Pas besoin de faire grand chose, les bébés trouvent d'eux-mêmes toute source lumineuse à proximité (lampe, fenêtre), et tombent en admiration profonde devant ces jolis photons.  Sérieux, parfois, on dirait à voir leur tête qu'ils ont une révélation divine!  Bon, évidemment, plus que la lumière, c'est le contraste clair-obscur qui les fascine tant.  
    J'en ai déjà parlé, j'en profite pour en rajouter une couche : Le mobile de Murani est parfait pour cette période, puisqu'il joue justement sur les contrastes et les formes bien nettes.  Bébé Fleur en est ultra-fan, encore maintenant!  On peut également proposer des images en noir et blanc à base de rayures, j'ai quant à moi eu un coup de coeur pour celles proposées par la Wee Gallery 
  • Le son : Beuh... ben la papote , c'est déjà un bon début.  Eviter de parler trop brusquement (comme de claquer la porte d'ailleurs), histoire d'éviter le vilain réflexe de Moro. Sinon, chaque parent s'arrange bien pour gagatiser devant sa progéniture à grands renforts de gouzi-gouzi... L'intérêt, c'est surtout l'échange, c'est fascinant, le regard d'un nouveau-né.  Sans parler de toutes ses capacités d'imitation : tirer la langue, reproduire les grimaces, ....  La musique peut également aussi intéresser Bébé, typiquement les airs qu'il a pu entendre in-utero, ou bien les berceuses chantées par Papa ou Maman.  
  • Les mouvements : On peut faire faire un peu de gymnastique à Bébé : extension-flexion des bras, des jambes, toujours en douceur et si l'enfant est disponible.  
    Allez, gymnastique cinq fois par semaine!
    Il est également intéressant de laisser Bébé libre de ses mouvements, en privilégiant des vêtements bien larges.  Bébé Fleur a passé ses premières semaines presque exclusivement en pyjama, et à présent que les températures estivales, elle est le plus souvent juste en couche, voire, autant que possible, sans rien du tout : Toute nue sur une alèse, c'est le bonheur! D'ailleurs, c'est fou de voir la différence de mobilité qu'ont les bébés lorsqu'on leur retire leur lange.  Par contre, il faut être attentif et voir si l'enfant apprécie de ne pas être "contenu" dans des vêtements.  Ici, si les moussaillons ont adoré être tout nus passées les premières semaines, ils ont par contre été fort agités les premiers instants après leur naissance... jusqu'à ce qu'on les habille.  La sensation de l'air sur la peau et l'absence de "limite" est quelque chose de surprenant, qu'il faut prendre le temps d'apprivoiser.  Donc, exit les sacro-saintes deux heures de peau-à-peau dans notre cas, ils n'appréciaient pas tant que ça.  
  • Le toucher : Pour expérimenter la sensation du toucher et les limites de son corps, rien de mieux que les massages.  Ici, on pratique avant le bain, pour autant que Bébé soit disponible (ou bien à n'importe quel change si cela s'y prête).  Un peu d'huile (liniment pour nous par paresse, sinon il paraît que l'huile de pépins de raisin est top) sur les mains préalablement réchauffées, et c'est parti.  Quelques principes : On garde toujours au moins une main en contact avec le corps.  On fait du centre vers les extrémités, puis on repart vers le centre (comme la circulation sanguine).  Et autant que possible, on garde le contact au niveau du regard pour rassurer l'enfant.   Plus simple encore que le massage, simplement... les câlins.  Petit truc sympa que je n'ai fabriqué que trop tard : Un petit matelas "topponcino" qui permet aux aînés ou aux adules non habitués aux nourrissons de manipuler plus facilement le tout-petit.  
  • La succion : Ca paraît bizarre dit comme ça, mais la succion, c'est important pour les tout-petits.  La succion de base, bien sûr, c'est celle au sein, mais pour certains, il faut plus.  Nous l'avons découvert avec le P'tit Pirate, qui, à défaut de pouvoir téter le sein à volonté (pour cause de crevasses, et puis aussi parce que la source avait parfois envie de faire autre chose), se rabattait sur nos petits doigts, dûment lavés (en théorie...) et aux ongles ras.  Après avoir tergiversé, nous avons lui avons donc offert une tétine, qui a un peu aidé, mais pas de manière miraculeuse.  Il l'a utilisée sporadiquement pendant quelques mois, et puis, quand il a commencer à la mâchouiller plutôt qu'à la téter, nous avons décidé un sevrage unilatéral (mais il ne s'en est même pas rendu compte, je pense).  Pour Bébé Fleur, rebelotte : Prise de passion pour nos doigts, mais cette fois l'index.  Par contre, la tututte, que nenni (tout comme le biberon, d'ailleurs) : La Miss veut de la chair fraîche, pas du silicone! Mais elle est somme toute restée raisonnable, et n'en avait besoin que pour apaiser ses vilaines crises de reflux.  Une fois ce dernier atténué, elle nous a libéré nos doigts.  
La magnifique tututte de Bébé Fleur... qu'elle n'aura finalement pas utilisée, snif! 

Bon, sinon, le premier mois, c'est aussi souvent l'apparition des coliques.  Coup de bol, nous n'y avons pas eu droit pour NumeroBis et NumeroTer (par contre, le reflux...), et pour l'aîné, difficile de savoir si c'était de vraies coliques ou simplement notre inexpérience de parents, mais toujours est-il que c'est un vilain souvenir enfui depuis longtemps.  Ceci dit, si vous voulez en savoir plus sur le sujet, des amis ont très bien fait le tour du sujet dans cet article.  

1 - 2 mois 

Après l'adaptation au monde extérieur le premier mois, viens le deuxième mois qui est celui de la communication.  Bébé commence à sourire, et à apprécier le dialogue : Echange de regard, mais aussi, échange de paroles. C'est le moment des premiers Areuh.  Avec Bébé Fleur, c'était flagrant, elle le réclamait : Un Areuh parental, et voilà la miss qui se trémousse des bras et des jambes, le regard ravi.  Quelques secondes d'intense réflexion, et hop, un adorable Areuh en réponse! Le contenu de la conversation est limité, mais croyez moi, on peut jouer des heures à ce petit jeu.  Lieu privilégier pour ces adorables dialogues : Le tapis à langer! Même si, au début, nos moussaillons râlaient d'être manipulés, tout trois ont fini par y prendre goût, à tel point que nous y passons parfois de sacrément longs moments, à papoter yeux dans les yeux.  

La communication, c'est aussi l'expression des besoins.  Les pleurs deviennent plus explicites : Bébé râle d'être laissé en plan et veut faire causette, Bébé hoquette de faim, Bébé chouine de fatigue... ou encore, Bébé lance la sirène d'alarme quand il est mouillé... ou sur le point de l'être! Oui oui, dans les pleurs inexpliqués, croyez-moi, il y a les Pleurs du Pipi! Mais tous les bébés n'ont pas la même sensibilité à ce niveau.  L'Explorateur ne supportait pas d'être mouillé, le P'tit Pirate s'en fichait un peu, et Bébé Fleur, à deux mois, ce qu'elle préfère, c'est faire pipi à l'air libre sur la table à langer.  A défaut de pratiquer l'hygiène naturelle infantile, nous avons malgré tout essayé, comme mentionné plus haut, de laisser nos tout-petits libres libres de toutes contraintes vestimentaires, couchés sur des alèses (qu'on recouvre d'essuies/serviettes au fur et à mesure que le taux d'humidité grimpe).  Très simple à mettre en place, du moins tant que Bébé ne se déplace pas (4 mois à peu près), et bénéfique pour les fesses rouges.  Evidemment, c'est plus simple avec des bébés d'été qu'avec des bébés d'hiver... 

Niveau moteur, bras et jambes ont encore des mouvements totalement erratiques, et l'évolution la plus sensible se fait au niveau de la colonne vertébrale qui se renforce, permettant au petiot de tenir de mieux en mieux sa tête.  Ce n'est pas une raison pour arrêter de la soutenir, puisqu'il faut tout de même la préserver des chocs.  Certains docteurs préconisent de placer les bébés sur le ventre quelques minutes par jour, mais une psychométricienne que j'ai rencontré me l'a fortement déconseillé tant que Bébé ne se retourne pas de lui-même.  Le bébé n'est pas encore prêt à le faire à cet âge, et d'ailleurs, il se fatigue en général très vite.  On peut également le constater en observant les mouvements brusques et incontrôlés que l'enfant fait pour soulever sa tête, signe qu'il n'est pas prêt pour ce mouvement.  Après, encore une fois, chaque enfant est différent, et mes deux aînés ne semblaient pas être autant dérangés que Bébé Fleur par cette position.  Il faut dire que l'Aventurier dormait sur le ventre, ce qui lui donnait l'occasion de pratiquer les pompages.  Quoi qu'il en soit, si Bébé désapprouve, laissons-le tranquille! 

Enfin, question activités, puisque Bébé commence à avoir des périodes d'éveil un peu plus longues, il est temps de lui proposer un autre lieu de villégiature que le lit ou les bras.  Le tapis d'éveil est un must, coloré et confortable, il permettra au petiot d'observer son petit monde, ou de découvrir ses premiers jouets, suspendus à un portique.  On peut également placer un miroir à côté, et hop, ça fait un copain à qui faire la causette! Les sacro-saints mobiles y trouvent également leur place, ainsi que quelques peluches et l'un ou l'autre tableau contrasté.

Un mobile, un miroir, un tapis bien confortable... et un tétra pour absorber les régurgitations des bébés-vomito


Autre accessoire utile : le relax ou transat.  Parfait pour poser un bébé avide d'observer son petit monde, pendant les repas, lorsque les parents doivent s'occuper des plus grand, pour écouter les histoires racontées à ces derniers... Comme pour tout, il ne faut pas en abuser et laisser Bébé 24h/24 dedans, mais en tout cas, ça dépanne bien! Prévoir un modèle où il est facile d'installer/retirer l'enfant, histoire de ne pas devoir dé-emberlificoter le harnais du braillard dans l'urgence... 

Un relax comme le nôtre, sauf que le nôtre, il est plein de régurgitations.  Très pratique parce qu'il se replie, et puis surtout, il se balance vraiment bien! Je l'ai surnommé "Relax-Catapulte".  Sans commentaire... La housse est lavable, et le système de harnais "culotte" permet de glisser facilement l'enfant dedans.  Le balancement est très apprécié : Bébé Fleur a éclaté de rire pour la première fois le jour où je l'ai ressorti pour l'y installer!




2-3 mois


Après les sourires, vient le temps des fou-rires! Ah, le premier rire d'un bébé, petit éclat inattendu et un peu rauque, accompagné du regard tout étonné du Bébé lui-même, découvrant le joli son ainsi produit! Pour les fou-rires, pas de recette toute faite, chaque moussaillon a ses propres préférences.  Chez nous, une constante semble être que les fou-rires arrivent préférentiellement le soir, quand le petiot est fatigué.  A ça, il faut rajouter un élément déclencheur : soit un son particulier (les mots en A marchent bien : Papa, Caca, Yoda, Chewbacca, ...), soit un mouvement (le traditionnel Guili-Guili, ou encore, pour Bébé Fleur, le balancement du Relax-Catapulte).  Dans mon bouquin "L'éveil des tout-petits", l'auteur donne comme "truc infaillible" d'écarter les bras de bébé puis de les rejoindre sur sa poitrine, mais chez nous, ça leur a au mieux arraché quelques francs sourires.

Le troisième mois est également le moment d'une découverte très importante : Les mains! Après les avoir longuement admirées, Bébé les porte à sa bouche et vérifie si par hasard, ce ne serait pas comestible.  Grosse déception, probablement... Expérience suivante : Voir si on ne peut pas utiliser ce drôle de truc comme outil! Un mouvement, une collision inopinée contre un hochet suspendu... Hey, mais c'est presque rigolo, ce truc! Il faudra encore quelques semaines pour que le geste devienne plus précis, avant l'étape suivante : Attraper les jouets.

En attendant de pouvoir les attraper (qui nécessite encore de gagner quelques compétences), on peut aider le moussaillon en suspendant des jouets à sa portée.  La plupart des tapis de jeux sont équipés d'arches pour pouvoir accrocher pleins de joujoux et de hochets.  Ils sont généralement fournis avec, mais le système de crochet permet d'accrocher à peu près n'importe quel truc.  On peut même trouver des anneaux supplémentaires dans le commerce, ou bien... se contenter d'anneaux en plastique pour rideaux de douche, ça marche aussi bien si le diamètre correspond. Et quand on a plein plein d'anneaux, on peut même les accrocher ensemble, et ça fait un joujou supplémentaire pas cher!

En plus du tapis de jeux, nous avons aussi un portique portable, qui a une hauteur réglable et permet donc d'être utilisé par exemple pour permettre à l'enfant de jouer dans son relax, ou bien encore pour ajuster sa hauteur en fonction de la taille du jouet (petit hochet ou grande peluche d'activité).  Fabriqué main par le charpentier du bord (aka Monpapahamwa), bricoleur de génie

Le portique de voyage

La "mécanique" de l'engin

L'engin replié
Au niveau des joujoux, on privilégie ce mois-ci des jouets qui attirent le regard, puisque le moussaillon passe encore beaucoup de temps à explorer du regard, mais également des jouets qui font du bruit lorsqu'il le cogne plus ou moins volontairement avec les mains.  On peut d'ailleurs aussi suspendre quelques joujoux au niveau des pieds, ça marche pareil.

Et pour conclure ce premier trimestre... 


Bon, c'est bien beau tout ce matériel, mais n'oublions pas l'essentiel : Ce qui passionne le Moussaillon avant tout, c'est d'observer le reste de l'équipage! Chez nous, l'équipage est déjà conséquent, ce qui fournit quelques sujets d'observation à Bébé Fleur : les frangins, ça crie, ça fait du bruit... mais qu'est ce que c'est intéressant! Et pas question d'observer tout ça de loin, notre matelote en herbe tient à vivre au centre de l'action : De plus en plus, elle assiste à nos repas depuis son relax, voire carrément sur nos genoux.  L'écharpe de portage permet d'observer le monde de haut tout en restant blottie bien en sécurité contre Papa ou Maman.  Et même le tapis de jeux est l'occasion d'échanges à foison, tantôt avec les parents, tantôt avec les autres Moussaillons qui commencent à prendre plaisir aux interactions avec la nouvelle venue.