lundi 20 juillet 2015

Troisième trimestre : Branle-bas de combat!

Bon, donc, lors du deuxième épisode, nous nous étions arrêtés avec un moussaillon plutôt statique, qui s'offre de temps à autre une promenade à coups de roulé-boulé ou bien qui commence à tenir assis, mais guère plus.  Le troisième trimestre est un peu plus fun, puisque la compétence "déplacement volontaire" se profile à l'horizon.  C'est le moment où jamais de passer le navire en mode Full Baby-Proof...

Développement du moussaillon 


Comme je n'ai pas rattrapé mon retard de la dernière fois mais l'ai au contraire soigneusement cultivé (je n'oserai pas avouer l'âge actuel de Bébé Fleur... mais il va falloir la rebaptiser), je vais procéder de manière similaire, en croisant mes notes et la théorie.  Je n'aborderai pas ici la diversification alimentaire, étape très symbolique du septième moi, puisque j'ai déjà partagé mon opinion sur le sujet dans un précédent article.

La théorie (toujours sur base du livre d'Anne Bacus, "l'éveil des tout-petits" : 


- 7 mois : Le bébé est capable de voir parfaitement, et peut également utiliser ses deux mains pour manipuler ses hochets. Il commence à tenir assis avec un léger support, et peut pivoter le tronc pour attraper des objets.  Ses capacités de mémorisation augmentent, et il apprécie de plus en plus les jeux de cache-cache.  S'annonce également le stade de l'angoisse de la séparation du huitième mois, lorsqu'il commence à appréhender l'absence de ses parents.

- 8 mois : L'agilité de ses doigts augmente et lui permet de jeter ou lancer les objets, avant de s'empresser de les réclamer.  La coordination globale augmente, et les premiers déplacements peuvent s'amorcer, en ramping, 4 pattes ou sur les fesses.

Yeah, le ramping! Plus besoin de nettoyer le sol!


- 9 mois : Bébé consacre de plus en plus d'énergie à l'exploration physique, des objets ou de son environnement, ce qui inclus donc ses déplacements.  C'est souvent l'âge du début de la position debout, en appui contre les meubles.

Mes notes sur Bébé-Fleur : 

D'un point de vue moteur, Bébé Fleur prend un peu son temps.  Elle a finalisé l'art du retournement à passé 7 mois, explorant le salon à coups de "roulé-boulé", et se retrouvant régulièrement coincée sous le divan ou la table basse, au grand amusement des autres moussaillons.  La position ventrale n'a longtemps pas eu la côte (et nous n'avons pas forcé, comme j'en parlais précédemment), mais elle a fini par l'adopter, et à 8 mois, faisait laborieusement ses premiers millimètres en ramping marche avant... Il a fallu attendre jusque ses 10 mois pour que la technique devienne un mode de déplacement efficace.  Quant à la station debout, là aussi, il faudra attendre le quatrième trimestre, mais chut, spoiler... Bref, une petite qui prend le temps de peaufiner ses acquisitions, disons.  Beau contraste avec le P'tit Pirate, qui rampait à 7 mois, et crapahutait à 8, en même temps qu'il se mettait debout.  Elle nous apprend la patience, et l'art d'admirer son enfant en dehors de tout référent de développement psychomoteur...

Malgré tout, ce troisième trimestre l'a quand même vue acquérir une position assise fonctionnelle, permettant une utilisation efficace de ses mains, et donc, plein de manipulations au programme.  Les activités les plus appréciées : Les repas... Manipuler les aliments, les couverts, porter à la bouche ou lancer par terre, tout est opportunité de découverte.  Le must du must : Le spaghetti sur table... sans sauce, bien sûr.  L'expérience sensorielle ultime...

Matériel et activités

L'environnement 

Bon, à présent que Bébé utilise la position assise et commence à explorer son environnement, on va un peu mettre de côté les mobiles et autres portiques de jeux.  La préoccupation principale : Sécuriser l'environnement.  Coussins autour du petit Boudda, vases et autres colifichets fragiles remontés au dessus d'un mètre du sol, plantes en pot planquées hors de portée... (le terreau fait apparemment un délicieux dessert), le stade du déplacement imminent nécessite quelques aménagements.  Pour notre Aventurier, un déménagement nous avait permis d'aménager un séjour Bébé-proof dès la conception, ce qui est un énorme avantage.  Pour le P'tit pirate, nous avons gardé la même formule, l'aîné n'ayant pas énormément de jouets posant problème.  Par contre, pour Bébé Fleur... ce fut plus galère, car deux garçons de 3 et 6 ans, cela apprécie particulièrement Playmobils, Légos, et autres jeux à petites pièces (saviez vous que les billes sont toujours à la mode dans les cours de récréé?).  Et ces mêmes garçons rechignent évidemment à limiter leur terrain de jeux à leur chambre à coucher, chambre à coucher de toute façon monopolisée par les siestes de la dernière venue.  

La solution? Avoir des yeux derrière la tête, coacher les aînés pour qu'ils surveillent leurs jouets, et, surtout... essayer de se détendre, car il n'est pas toujours possible de tout surveiller.  Bébé s'habitue, espérons-le, à se voir régulièrement examiner la cavité buccale au moindre signe de machouillement suspect...

Les jeux et activités

Après ces quelques lignes un peu catastrophistes, voyons les choses sous un angle plus positif : il est en effet également possible de tirer parti de ces nouveaux déplacements. On peut placer des jeux sur des meubles bas, permettant ainsi leur découverte au cours des explorations de l'enfant, ou dans les tiroirs ou armoires soigneusement sélectionnés pour rester accessibles... 

La position assise permet également de nombreuses nouvelles activités, outre la manipulation des hochets dans une nouvelle perspective.  J'en ai parlé longuement dans un de mes premiers articles.  Je reste assez d'accord avec tout ce qui y est dit, si ce n'est à propos des jouets dits "bruyants".  Le navire ayant acquis une coloration musicale plus marquée ces derniers mois, nous disposons à présent d'une petite collection d'instruments de musique qui plaisent énormément à tout l'équipage : Xylophone, clochettes,...  J'y reviendrai à l'occasion.  Autre petit ajout par rapport au matériel listé : Une boîte à formes "Montessori".  L'idée : Ne pas proposer directement plusieurs solides de formes différentes à l'enfant, mais suivre une "progression" en isolant chaque difficulté.  

Bébé Fleur aux prises avec le premier niveau de la boîte à formes.
Au passage : Oui, son body est au dessus de son short.  Oui, c'est fait exprès, j'en parlerai peut-être un jour. 



Première étape : Mettre une boule dans un trou rond, puis un cube dans un trou carré, puis un prisme dans un trou triangulaire, puis combiner les formes, etc.  A la base, il faut une boite à forme par étape, mais heureusement, il existe des modèles évolutifs très pratiques comme celui de Nature et Découvertes que nous avons acquis (appelé "boîte de notion de permanence de l'objet", excusez du peu).   Il est très bien, à condition de bloquer la plaque supérieure avec un peu de papier collant, sinon l'enfant s'amuse à la retirer (et après tout, pourquoi pas... tant que cela lui plaît!).  Il existe depuis peu une boîte similaire chez Oxybul... On dirait qu'il y a comme un petit effet de mode! 

Bébé Fleur a pris son temps pour apprivoiser la boîte.  Elle a tout d'abord approfondi ses compétences en balistiques en étudiant les trajectoires de la boule en bois, puis un jour, alors que je faisais part à ma maman de mon désespoir de la voir un jour insérer la balle dans la boite, elle m'a regardé d'un air condescendant, et d'un seul geste assuré, l'a glissée dans l'orifice.  Elle avait 10 mois, la boîte est supposée être pour les enfants à partir de 6 mois... Encore aujourd'hui, six mois plus tard, elle n'en a pas encore exploré tout le potentiel! 

Autre jouet "montessorien" que j'ai ajouté à notre panoplie : une balle en tissu particulièrement facile à agripper pour les tout-petits.  Etant donné les capacités de future lanceuse de baseball de ma fille, on peut dire que ce jouet était bienvenu.  Aujourd'hui encore, elle dort avec dans son lit... 



J'ai fabriqué cette balle en suivant le tutoriel du site "Alternatives Montessori".  Le tutoriel est très clair, et la balle facile à confectionner, il faut juste un peu de patience pour fabriquer et assembler les douze pièces.

Dans la catégorie bricolage, dans le genre ultra-simple à confectionner, il y a les bouteilles colorées.  6 petites bouteilles d'eau, trois tubes de colorant alimentaire, une boite qui va bien, et voilà un matériel intriguant à souhait pour les petits moussaillons de 6 mois à 6 ans! Les secouer, les écouter, les lancer, les regarder à travers la vitre, jouer avec les reflets...

On en voit plein sur Internet, par exemple :
- Chez Merci Montessori 
- Chez Nathan


Sur le même principe, on peut se contenter de remplir une bouteille avec du riz, du sel, n'importe quoi qui fasse un bruit sympathique lorsqu'on secoue.  Ne pas oublier, dans tous les cas, de bien coller le bouchon...



Tout ces objets à manipuler peuvent être présentés à l'enfant dans des petits paniers, pratiques pour le rangement tout en permettant à l'enfant de voir le contenu.  Assis, il manipulera aisément les objets contenus, et, plus tard, lorsqu'il maitrisera la position debout, il pourra lui-même aller les chercher sur l'étagère. On peut les rendre thématique : Panier de balles, panier de tissus, ou tout simplement, panier hétéroclites d'objets du quotidien.  Vous avez remarqué à quel point les enfants adorent... ne pas jouer avec leurs jouets, mais plutôt avec tous les petits trucs qu'on laisse traîner à leur portée? Clés, téléphone, digipass, mais aussi cuillère en bois, décapsuleur, clé à molette... Pourquoi ne pas leur laisser expérimenter toutes ces textures, ces matériaux différents, ces objets d'autant plus intéressant qu'ils ont une réelle utilité?


Une pelote de laine, une pince à cornichons, un hochet... 
...une pomme de pain, et... un presse-ail! Quel succès... 

Pour en savoir plus sur ces "paniers aux trésors", quelques lectures complémentaires :
- Sur le site Nido Montessori 
- Sur le blog Minuscule Infini : Une présentation du principe avec pas mal d'exemples (et des bouteilles d'eau colorée!), puis, dans un autre article, quelques tuyaux pour trouver des paniers naturels et étiques.



Bon après, bien entendu, une avalanche de jouets ne remplace pas les temps d'échange, précieux et tellement profitables à nos petits bouts.  On n'oublie donc pas jeux de cache-cache, massages, papotes, promenades, câlins, chatouilles... à volonté. Rien de tel pour casser un moment pénible entre un parent fatigué et un bébé chouineur qu'une grande partie de roulé-boulé sur le lit parental! 







dimanche 26 avril 2015

Créations salées

Du sel, y en a plein la mer... Alors profitons-en! Voici une petite activité créative avec un peu de colle, de l'aquarelle et... un gros paquet de sel.


Cette activité vient du superbe livre de Jean Van't Hul, The Artful Parent (parents d'artistes pour la version francophone), débordant d'idées pour intégrer des activités artistiques dans le quotidien de nos enfants.

Matériel : 


  • Du papier à dessin (j'ai pris le plus épais que nous avions, mais je ne pense pas que ce soit indispensable)
  • De la colle blanche en tube ou tout autre conditionnement qui permette d'effectuer un tracé facilement
  • De l'aquarelle (j'ai utilisé de l'Ecoline, liquide, mais je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas avec des pastilles, tant qu'on met de l'eau en suffisance)
  • Un paquet de sel
  • Des pinceaux, de taille moyenne 


Mode d'emploi : 

(j'ai hélas oublié de photographier les premières étapes)

  1. Tracer des dessins avec la colle, soit figuratifs, soit purement abstraits.  Essayez juste de garder le trait suffisamment fin.  Le P'tit Pirate (4 ans) n'a pas voulu participer à cette étape, et heureusement, car ce n'est pas si évident.  L'Aventurier (7 ans) a fait quelques pâtés avant de trouver la bonne technique. 
  2. Mettre les dessins dans un grand plateau, et couvrir complètement de sel. 
  3. Laisser sécher (le temps de séchage doit dépendre de l'humidité ambiante et de l'épaisseur du tracé.  Cela a mis une grosse heure pour nous, par temps sec. )
  4. Secouer délicatement les dessins pour enlever le sel non absorbé par la colle. 
  5. Et à présent, l'étape la plus fun : Mouiller le pinceau avec l'aquarelle, et colorer les tracés par petites touches, en touchant le sel mais pas le papier.  Tester en mettant plus ou moins d'eau sur le pinceau, en mélangeant des couleurs, avec différentes tailles de pinceau, faire des dégradés, ...





















Une fois le dessin coloré, il faut bien sûr à nouveau laisser sécher le résultat.  Je vous conseille de photographier les oeuvres de vos Moussaillons, car je n'ai pas l'impression qu'elles soient très durables! A trop manipuler les feuilles, certains amas de sel ont tendance à se détacher, et dans l'absolu, elles ne sont pas très pratiques à stocker...

L'activité a eu un succès certain auprès de mes grands moussaillons.  Le P'tit Pirate, peu intéressé au premier abord, a insisté pour participer à l'étape du coloriage, et a donc monopolisé le dessin que j'avais patiemment préparé pour moi... Ah, durs, les sacrifices qu'il faut faire en tant que capitaine! Tous les deux ont vraiment été absorbés par leur tâche, durant facilement 20-30 minutes.  Un vrai bonheur, d'autant plus que nous avons pu travailler à l'extérieur!


L'oeuvre de l'Aventurier (7 ans).  Il a adoré le processus, mais est un peu déçu de son résultat, suite à des problèmes pour faire les tracés à la colle. 
Oeuvre conjointe du P'tit Pirate (4 ans) et de son Capitaine.  J'ai été très impressionnée par la précision de ses gestes, malgré quelques petites coulures d'aquarelle sur le papier, il s'est vraiment concentré pour garder la couleur uniquement sur le tracé du sel.   

mercredi 18 mars 2015

Activité artistique minute


Pinterest, c'est le mal.  Pinterest, ça fourmille d'idées géniales, de réalisations magnifiques, de quoi vous faire baver d'envie, de collecter plein d'idées... et surtout, de passer votre temps à les admirer devant l'écran plutôt que de passer à l'acte pour en réaliser une!

Mais bon, de temps en temps, l'agenda de l'équipage, l'humeur du capitaine, le taux de nervosité des enfants et la météo se trouvent être en phase, et, oh miracle, voilà qu'on arrive à passer à l'acte!

C'est ce qui s'est passé le WE dernier.  Après avoir passé une soirée à décortiquer les idées collectées avec l'Aventurier, nous en avons sélectionné deux ou trois pour le lendemain, et avons réussi à en mettre une en place le jour-dit.


L'idée sélectionnée vient de ce site.

Niveau matériel, rien de bien compliqué : Du masking tape, de la peinture, des pinceaux, et du papier.    Ah oui, et des dessous de table ou du papier journal pour protéger l'espace de travail.  Mais bon, si vous avez des moussaillons, vous avez probablement déjà tout ce nécessaire.

L'activité se décline en trois étapes somme toute assez simples, et a pu être menée à bien aussi bien par l'Aventurier (6 ans) que par le P'tit Pirate (presque 4 ans).  Je me suis moi-même lancée dans l'aventure, car après tout, c'est beaucoup plus amusant de participer que d'observer.






Première étape : Délimiter les zones

Je n'ai hélas pas pris de photos de la réalisation, mais en gros, on découpe des morceaux de masking tape et on les dispose sur la feuille.  Moi et l'Aventurier avons classiquement formé des zones fermées, mais le P'tit Pirate a été plus "créatif".  J'ai commencé à essayer de lui expliquer le principe des zones fermées, et puis j'ai laissé tomber : De un, il est sans doute trop jeune pour comprendre, de deux, j'avais l'impression de le brider dans sa créativité et son plaisir.  Je me suis donc contentée de le laisser faire en lissant simplement les bandes de tape qu'il avait un peu moins bien ajustées.

Etant donné que nous n'avions qu'un rouleau de tape pour trois, et que le découpage de morceaux de papier collant est un peu laborieux pour le P'tit Pirate, je me suis chargée de leur fournir des bandes prédécoupées de longueur diverses, qu'ils agençaient à leur goût.

Deuxième étape : Remplir les zones


Une fois les bandes placées, en avant la couleur! Ici, nous sommes partis de jolies gouaches en pot, dont la texture un peu épaisse a nécessité la dilution dans un peu d'eau.  Cela nous a donné des variantes intéressantes, puisque je me suis personnellement dirigée vers des aplats assez épais et uniformes, tandis que l'Aventurier obtenait un résultat plus "aquarellé".  Ayant utilisé une couleur plus concentrée en bordure de zone, il obtient (de manière assez fortuite) un aspect "vitrail" assez intéressant.

Quant au P'tit Pirate, habitué des créations libres style "scraboutcha", il m'a assez surprise en respectant globalement les zones de coloriage (ils ne font jamais de coloriage pur et dur à l'école).

Troisième étape : Retirer le tape et... admirer


Cette troisième étape, je l'ai d'autorité prise en charge, après avoir réaliser qu'il fallait retirer le tape en douceur pour éviter d'arracher le papier et d'abîmer l'oeuvre.  Par contre, j'ai fait participer les garçons  dans le choix du morceau à enlever.  De fait, avec les effets de superposition, il y avait là un travail intéressant au niveau de la visualisation dans l'espace des "couches" de tape.

C'était assez chouette de voir le résultat apparaître petit à petit, et d'observer le contraste entre les lignes blanches bien délimitées et les zones de couleurs vives.

Une fois cette dernière étape achevée, nous avons pris le temps d'admirer, analyser et comparer les différents dessins : L'aspect moins "académique" de l'oeuvre du P'tit Pirate, qui est celle qui, je trouve, à le plus de cachet, et enfin, le contraste entre l'aspect "vitrail" du dessin de l'Aventurier et l'aspect "gouache" du mien, à la réalisation plus soignée mais avec peut-être moins de caractère.


Et pour conclure, un petit jeu pour voir si vous avez bien lu : Sur base de mon descriptif, qui a fait quel dessin?  

Bref, une activité sympa, pour toute la famille (enfin, la p'tite, elle attendra encore un peu quand même), qui permet de se détendre, de travailler l'équilibre des couleurs, de discuter des formes géométriques (carré, triangle rectangle, pentagone, trapèze, ...), mais surtout, une activité pour passer un bon moment CALME tous ensemble.  

lundi 9 mars 2015

Petit tour dans la cambuse : Le repas de la moussaillonne

Chez les P'tits Mouss', il y a une caractéristique familiale indéniable : La gourmandise.  Maman sucrée, Papa salé, ça donne des moussaillons plutôt ouverts au niveau culinaire, voire carrément complètement gloutons quand il est question de chocolat ou autre sucrerie.

Bébé Fleur venant de fêter son premier anniversaire ce WE (gloups, déjà), elle vient de rejoindre officiellement le club des Mangeurs de Tout, après avoir réussi l'épreuve terriblement éprouvante du Premier Gateau au Chocolat.  Epreuve réussie, mais de justesse... le chocolat a eu moins de succès que les poires proposées en parallèle.  

Au troisième enfant, le suivi des recommandations pédiatriques pour l'alimentation des nourrissons et beaucoup moins rigoureux que pour l'aîné.  Le jeune capitaine stressé a fait place au vieux loup de mer désabusé, et en l'absence de prédispositions allergiques familiale, on n'hésite plus à servir un bon vieux spaghet' bolo à un petiot de 9 mois.  Pourquoi attendre un an pour le chocolat, alors? Ben, pour pas devoir partager, tout simplement... Un gosse qui a gouté au chocolat, généralement, il ne s'arrête pas là! 

Mais je m'égare.  Donc, on parle bouffe.  Mais quel est mon propos, au juste? Ah oui, raconter les aventures gastronomiques de notre Bébé Fleur, et, par là même, partager nos conceptions sur la diversification des moussaillons.  

Diversification, ça vous évoque quoi? Pour 75 % des parents, ça veux dire bouillie de légumes, petits pots et autres fruits sous forme quasi liquide.  La mode actuelle est de présenter des purées soigneusement mixées, parfaitement lisses et précisément dosées.  Les enfants n'ayant pas de dents, comment pourraient-ils avaler autre chose sans mourir étouffés dans d'atroces souffrances?  

Heureusement, la Sainte Société de Consommation a tout prévu pour venir en aide à ces pauvres bébés condamnés à mourir de faim : Elle a inventé... le Babycook 

Un appareil REVOLUTIONNAIRE qui... cuit les légumes à la vapeur, puis les mixe. Vous le sentez un peu, là, mon cinquième degré d'ironie? Oui, je suis fatiguée, on va pas faire dans la subtilité.  Bref, pour une centaine d'euros, vous avez un appareil qui ne sert à rien de plus que ce que font déjà fort bien votre bon vieux mix'soupe et une marguerite en inox.  Sauf que niveau vaisselle, j'ai l'impression qu'on rajoute un niveau de difficulté, pour un usage fort limité, car finalement, les bébés, combien de temps sont-ils supposés mangé du mixé? 3 mois? 6 mois?  Ca n'est pas inenvisageable, j'ai déjà vu le cas de bébés d'un an ne supportant pas de morceau dans leur purée.  


Et pourtant, là, je vais vous faire la révélation du siècle : Non, les bébés n'ont PAS besoin de manger des bouillies. NON, ils n'ont pas besoin de dents pour manger de la nourriture solide.  A partir de 6-8 mois, un bébé normalement constitué, capable de se tenir le dos bien droit en position assise, est parfaitement à même d'attraper un morceau de nourriture et de le porter à sa bouche.  Jusque là, ça ne surprend personne.  Par contre, qu'il soit aussi capable de le mâchouiller, puis de l'avaler, là, ça surprend un peu plus.  Et pourtant, les p'tites gencives, elles sont costaudes!

Donc, il existe une autre manière de diversifier un p'tit loup que la traditionnelle purée mixée.  Ca a même un nom : Baby-Led Weaning (BLW), ou Diversification Menée par l'Enfant (DME).  Très joli, mais ça n'a pas empêché plusieurs mamans de ma connaissance d'avoir pratiqué de la sorte de manière intuitive, sans avoir eu l'impression de suivre une méthode.  C'est un peu la suite logique de l'allaitement à la demande, quand on laisse l'enfant goûter ce qu'il veut dans l'assiette de l'adulte.

En formalisant un peu plus, l'idée est de présenter des légumes facilement machouillables et manipulables à l'enfant, et de le laisser se débrouiller.  Il prend ce dont il a besoin, il découvre, manipule avale ou recrache, et s'amuse tout en se nourrissant.  

Si vous désirez creuser le sujet, il y a plein d'articles qui en parlent sur la toile : 

- Sur le site de la Poule Pondeuse, un texte qui résume très bien l'idée et donne pleins d'infos et de liens vers des études scientifiques.  S'il n'y en avait qu'un à lire, ce serait celui-là : http://www.poule-pondeuse.fr/2010/09/10/la-diversification-a-la-cool/
- Un site présentant la "DME" : http://diversificationalimentaire.com
- Une maman de jumeaux qui raconte son expérience : https://reggiotwins.wordpress.com/2014/11/12/un-an-de-dme-ca-sfete/

Et pour le reste, Google vous aidera à trouver plein de littérature sur le sujet.  


Oui mais ho, en pratique, ça donne quoi?  Faisons le topo.  

1. Les prérequis : Bien sûr, on ne laisse pas un bébé de trois mois se débrouiller seul avec des brocolis en bouquet. Il est évident qu'il n'a pas la capacité motrice de manipuler ça, sans parler de la maturité digestive.  Donc on attend... Mais quoi? Ses six mois, trois jours, deux heures et 54 secondes, moment où, comme chacun sait, le système digestif de l'enfant est complètement upgradé avec la fonction "nourriture solide"? (je rigole, mais je me sentais terriblement fautive lorsqu'on a décidé de commencer la diversification pour notre aîné la veille de ses six mois... 24h plus tôt que les prescriptions de l'OMS! ahh, les primipares...).

Non, on attend : 
- de un, qu'il marque un intérêt certain pour la nourriture : Observation attentive de la famille à table, tentative d'attraper la nourriture dans les assiettes, et protestations véhémentes de rester à l'écart du festin.  
- de deux, qu'il sache se tenir assis le dos droit (c'est important pour la motricité de la mâchoire et de la langue, pour une bonne déglutition et un réflexe de régurgitation salutaire). 
- de trois, qu'il démontre effectivement sa capacité à avaler.  Notre Petit Pirate, à 5 mois, a fait un sort à un quignon de pain après avoir fait un chambard de tous les diables dans un restaurant, tandis que sa soeur, au même âge et pour qui nous avons du introduire les solides avant l'heure pour cause de crèche, avait un réflexe automatique d'éjection de toute nourriture solide (mixée ou non) par un très élégant mouvement de la langue.  Il a fallu attendre qu'elle ait 6-7 mois pour qu'elle puisse avaler efficacement ce qu'on lui donnait, et, dans le même temps, pour qu'elle puisse enfin découvrir et profiter du plaisir de l'alimentation autonome.  Pour moi, clairement, la diversification a été trop précoce, et j'ai vraiment eu l'impression de ne pas respecter les rythmes de mon enfant.  Mais soit, elle ne voulait pas de lait autrement qu'à la source, il fallait donc trouver une alternative pour éviter les jeûnes prolongés pendant mes journées de travail (et également pour ne pas se mettre les puéricultrices à dos).

On peut rajouter un quatrième prérequis, à savoir la capacité à prendre un aliment et le porter à sa bouche, mais je dirais que c'est moins critique.  Au début, on s'en fiche que les repas ne soient pas efficaces, le principal est l'expérience sensorielle que l'enfant vit.  Et au pire, s'il ne s'en sort vraiment pas, ne s'amuse pas et semble subir le supplice de Tantale, on peut lui donner un petit coup de main, éventuellement à la cuillère (et on complète après avec du lait de toute façon).  

2.  Le matériel : Un bavoir à manches, éventuellement imperméable (comme un tablier de peinture). Une chaise haute facilement nettoyable.  Un sol qui absorbera sans coup férir bananes mâchouillées et potiron écrasé. Un tas de lingettes pour débarbouiller les p'tits minois.  Et enfin, une marguerite ou un grand cuiseur vapeur pour la cuisson, parce qu'il paraît que c'est le mieux.  Mais vous pouvez utiliser aussi le babycook, pensez-juste vous arrêter avant l'étape mixage. 

3.  Les aliments : Les extrémistes d'un côté vous diront de respecter scrupuleusement le schéma d'introduction, ceux de l'autre, de laisser Bébé choisir ce qu'il a envie.  Dans notre cas, on alterne : Soit le repas familial convient pour Petite Fleur, soit on lui cuisine vite-fait une patate, quelques légumes et un bout de poulet ou de poisson (stock congelé sous forme de petits cubes bien pratiques). Ce qui marche bien : La courgette, la patate, le brocoli, les carottes (très très fondantes), le potiron (un succès fou!), les choux de bruxelles (peut-être un peu plus tard?), les bananes, les poires, les pommes (cuites), le pain, ... Pour la viande, évidemment, le gros morceau de steak n'est pas opportun dans un premier temps, mais le poulet parait déjà plus abordable, découpé en tout petits morceaux.  Le poisson, quant à lui, se prête parfaitement à l'expérience.  

4. La technique : On découpe des "frites" de légumes, bâtonnets épais permettant à Bébé de l'attraper plus ou moins facilement et de le porter en bouche.  Le mieux est que l'aliment soit plus grand que le poing du bébé, sinon il se retrouve un peu coincé à mâchouiller sa main plutôt que son contenu.  Une fois la cuisson vapeur terminée, on laisse refroidir jusqu'à une température acceptable, et on pose le repas devant l'enfant.  Eventuellement dans un bol, mais personnellement, j'ai renoncé, le bol étant un des projectiles de prédilection de Bébé Fleur.  Ensuite... on observe.  

Par curiosité, mais également par sécurité, car une fausse route reste toujours possible.  On peut anticiper les problèmes en suivant un cours de premier secours et en apprenant comment dégager les voies respiratoires de l'enfant.  Google me parle par exemple de la manoeuvre de Mofenson : http://www.docteurclic.com/technique/manoeuvre-de-mofenson-chez-enfant-de-moi.aspx.  Aucune idée de ce que ça vaut, je vous renvoie vers des spécialistes pour savoir si c'est réellement pertinent.  
Personnellement, j'ai eu quelques petites frayeurs, mais chaque fois, les enfants ont géré la situation d'eux même, en toussant énergiquement, puis en recrachant en hurlant le vilain morceau. La persistance du réflexe de régurgitation n'y est sans doute pas étrangère... Bref, il s'agit d'un risque, inévitablement.  Est-il important? Je ne le pense pas, et j'ai assumé de le prendre.  Mais je ne vous recommande pas de procéder de la sorte sans vous être documenté soigneusement sur le sujet et avoir pris conscience des enjeux! 

5.  Le post-traitement : L'avantage de cette technique : Tant que l'enfant mange, le parent peut vaquer à ses occupations, tout en gardant l'oeil sur le petiot.  Et généralement, les repas durent, dans ces circonstances... Une belle période de tranquillité à exploiter! Mais toute médaille à son revers, et il faut, de temps en temps, penser à... nettoyer.  Car l'enfant, par maladresse, par curiosité et envie de découverte, ou par ras-le-bol ou manque d'appétit, trouvera toujours une bonne raison pour balancer de la nourriture par dessus bord.  Disons le franchement, à la fin du repas, la zone est complètement crade.   Rappelons également que, dans les premiers temps, la quantité avalée n'est pas très élevée, donc il importe de compléter avec du lait (tétée à volonté dans le cas de l'allaitement, ça couvre normalement encore la majorité des besoins du bébé)


Oui mais, et tout ça, pour quoi? 


Bon, avouons-le, en faisant abstraction du nettoyage, cette méthode est fun.  Le gamin s'amuse, et le parent se gondole en voyant le résultat.  Mais les avantages seraient bien maigres s'ils s'arrêtaient là.  Citons donc, en vrac : 
  
- Une meilleure découverte sensorielle gustative : Les saveurs ne sont pas mélangées dans un purée informe, mais sont associés au toucher, à l'aspect visuel, à l'odeur... 
- L'accent mis sur l'autonomie de l'enfant et sa capacité à écouter sa sensation de satiété.  Cela a été associé à une baisse du risque d'obésité à l'âge adule (voir A. Brown, M.D. Lee, Early influences on child satiety-responsiveness: the role of weaning style, http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.2047-6310.2013.00207.x/full!)
- La mise en place d'une ambiance sereine par rapport à l'alimentation, sans contrainte pour finir son assiette ou manger ses légumes, avec toujours comme objectif l'apprentissage du plaisir de manger
- Moins de logistique pour les parents en sortie, puisqu'il reste finalement assez simple de trouver des plats qui conviennent à l'enfant au restaurant (il y a toujours bien un peu de carotte dans les plats...)


Bref, après avoir découvert cette méthode pour notre premier moussaillon, nous restons séduits par la formule, et constatons pour la troisième fois que nos bébés ont un bon appétit, ne sont guère difficiles sur la nourriture, et surtout, semblent être à l'écoute de leurs sensations de faim et satiété (exception faite des bonbons...).  










lundi 5 janvier 2015

Le quartier des Moussaillons

Dans le navire, il y a le quartier des officiers, et le quartier des moussaillons.  Hiérarchie oblige, le premier est plus grand et plus confortable que le second, mais ne vous fiez pas aux illusions, l'équipage est très fort pour coloniser le pont du bateau en exportant ses affaires aux quatre coins de ce dernier!
Ah tiens, sympa ça, comme cabine principale! Si seulement...


Néanmoins, quand vient le soir et que le pont a été récuré et ranger, les moussaillons se retirent tous les trois dans leur quartier, composé donc d'une unique pièce.

Oui, une seule chambre.  Pour trois marmots, agés de 0 à 6 ans.  Je vous l'accorde, c'est challenge.  Mais on pourrait monter jusque 6, si si!

Poste d'équipage du Champenois.  Depuis http://www.escorteursrapides.net/souvenirs_champenois.html

Mais contrairement à l'équipage ci-dessus qui semble avoir quelques années d'expérience, le nôtre n'est constitué que de bleusaille pure, totalement indisciplinée.

Bref, trois moussaillons, trois rythmes de sommeils, tout ça dans la même pièce... un truc de fou.

Première question : Pourquoi s'infliger ça? 


Réponse : Parce qu'on n'a pas le choix/la place de faire autrement.  Réponse facile s'il en est, je botte en touche, j'avoue.  Mais si cette raison est tout à fait appropriée dans notre cas, elle n'est peut-être pas le seul argument.  Car oui, nous utilisons cette solution par défaut, mais si nous avions eu d'autres chambres aurions-nous agi différemment?  Sans doute pas tout à fait.  Le partage d'une chambre entre frères et soeurs, ça crée des liens, ça renforce le sentiment d'appartenance familiale, ça développe la complicité.  Et aussi, dans le cas d'un tout-petit chassé de la chambre de ses parents après une période plus ou moins longue de co-dodo, ça permet de ne pas se retrouver tout seul dans une chambre vide et de pouvoir profiter de la présence et des bruits des aînés pour se rassurer.

Après, bien sûr, avoir plusieurs chambres permet de s'offrir le luxe de faire évoluer la situation, de faire du partage de chambre quelques mois/années puis d'offrir à chaque enfant la possibilité de choisir et d'éventuellement avoir sa chambre et son espace personnel rien qu'à lui.  J'imagine qu'à l'adolescence, cela deviendra nécessaire.


Deuxième question : Comment fait-on? 


Premier élément de réponse : On ne se pose pas de question existentielle.  Oui, inévitablement, ils vont, à un moment ou l'autre, s'empêcher mutuellement de dormir.  On peut se dire que c'est la vie, qu'ils s'entraînent pour quand ils auront eux-même des gosses insomniaques.  Mais cela ne doit pas non plus obligatoirement se passer comme ça, et sûrement pas toutes les nuits.  Après tout, c'est à ça qu'ils seront habitués, donc ils trouveront d'eux-mêmes (hum) un modus vivendi.

Deuxième élément de réponse : On superpose.  En fonction de la superficie de la cabine, il va peut-être falloir empiler les enfants les uns sur les autres, en utilisant la solution classique du lit superposé.  Conseillé idéalement à partir de 6 ans pour la couchette du haut, nous l'avons quant à nous installé lorsque l'Aventurier en avait 5, et cela s'est bien passé.  Mais il va sans dire que ça dépend d'un enfant à l'autre, et en l'occurrence, notre moussaillon-en-chef n'a pas un sommeil spécialement remuant et n'a jamais eu l'idée de promenades nocturnes en mode somnambule.

Non, ce n'est pas le lit des moussaillons.  A leur grand regret.  Et au nôtre... mais vraiment, le toboggan prend trop de place! La photo vient de là : http://designmag.fr/design-dinterieur/chambre-enfant/lits-superposes-solution-pratique.html, et y a plein d'autres idées terribles! 

Nous avons donc l'Aventurier au dessus, le P'tit Pirate en dessous, et Bébé Fleur à côté, dans son lit à barreaux.  Je rêve pour elle d'un matelas au sol, favorisant l'autonomie (encore une fois à la mode Montessori), dont ses deux frères avaient d'ailleurs bénéficier en leurs temps, mais force m'est de constater que la prolifération de playmobils et autres jeux pourvus de petites pièces d'aspect très appétissant est totalement incompatible actuellement avec cette idée.

Troisième élément de réponse : On échelonne les couchers, et on joue au Roi du Silence.
Joli dessin de Mysticlolly, ici : http://www.mysticlolly-leblog.fr/dessin-le-roi-du-silence-a48741216


Car oui, de fait, Bébé Fleur et les garçons n'ont pas tout à fait le même rythme de sommeil (du moins pas tout le temps.  Car il n'y a rien de plus changeant que le rythme d'un bébé...).  Actuellement, notre puce se couche vers 19h30, avant ou après le souper des grands, selon le déroulement du reste de la journée.  Les garçons, quant à eux, commencent le rituel du coucher vers 20h, et sont généralement (hum) au lit vers 20h30.  Quand tout se met bien, la petiote dort donc à poings fermés lorsque ses frères la rejoignent après leur histoire du soir (qui est donc lue au salon).  Ils connaissent la consigne du silence pour la petite soeur, et l'appliquent plus ou moins bien selon leur état de fatigue et d'excitation. Parfois, cela se finit en engueulade fraternelles "chuchotée" très fort, mais généralement, leurs jérémiades ne réveillent pas la petite.  


Troisième questions : Et... Ca marche? 

Oui, ça marche.  Tout n'est bien sûr pas idéal dans le meilleur des mondes, mais globalement, ça fonctionne.  Citons néanmoins les limites, non pas du système en général, mais de la manière dont ça se passe chez nous :

- En cas de pleurs nocturnes : Pas question de laisser un enfant pleurer trop longtemps dans l'espoir qu'il se rendorme seul (c'est clairement pas une bonne idée, mais parfois, les officiers un peu épuisés cèdent à la facilité...), ça risque d'impacter toute la fratrie.  C'est comme ça que Bébé Fleur fait du co-dodo partiel avec nous.  Dans les mauvais jours, elle excelle à se réveiller juste au moment où nous sombrons dans les bras de Morphée, squattant dès lors l'intégralité de notre pauvre nuit, mais dans les bons jours, elle nous laisse jusqu'à 5-6h du matin avant de nous rejoindre pour une fin de nuit en mode câlin.

- En cas de cauchemar ou autre souci nocturne : L'Aventurier, du haut de ses six ans, ne se réveille plus en hurlant et est capable de venir près de nous nous expliquer son souci, épargnant donc la fratrie.  Le P'tit Pirate suit les traces de son frère, mais n'a encore que trois ans, et se retrouve donc parfois à hurler dans son lit à moitié endormi, incapable d'interagir avec nous. Etonnamment, ces épisodes n'ont jamais réveillé les deux autres, signes que les enfants ont finalement un bon instinct de survie.  Nous, par contre, on reste de corvée, mais chambre partagée ou non, finalement, c'est le même combat.

- En cas d'envie d'intimité : Une chambre et un séjour comme lieux de jeu et de vie pour tous les enfants, c'est certes déjà bien, mais parfois, on sent le besoin pour l'un ou l'autre de s'isoler, pour lire au calme ou pour fuir un conflit stérile.  Généralement, la chambre fait l'affaire, sauf bien sûr en cas de sieste, où l'accès à la pièce est condamné.  Ce même problème se pose également lorsqu'un jeu est demandé, qui est évidemment rangé dans le dortoir occupé.   S'ils sont suffisamment malins pour négocier, il y a toujours bien un officier qui accepte de s'introduire sur la pointe des pieds dans le saint-Graal pour récupérer le jeu souhaité, à ses risques et périls (car, comme dit le dicton, qui réveille berce.)


Et pour conclure... 

Voilà, trois moussaillons dans une cabine, c'est donc possible, nous le faisons, nous sommes toujours vivants.  Mieux même : nous ne sommes même pas si insatisfait du système.  Certes, ce ne sera pas confortable sur le long terme, et il est dans nos projets de nous dégotter un navire plus spacieux, mais c'est une solution qui roule pour le moment.  Certes, en cas de nuit très très difficile, les garçons se réveillent plus difficilement le lendemain matin, mais c'est rare.  

Par contre, ce système implique tout de même une grande disponibilité parentale nocturne.  Je n'imagine même pas comment nous pourrions nous en sortir si nous refusions d'accueillir les moussaillons égarés dans notre lit... à moins d'avoir dans son équipage des moussaillons experts en endormissements faciles et en sommeil ininterrompu.  Perso, je n'ai jamais trouvé cette option sur la feuille de commande... 




Et chez vous, vous pratiquez le partage de chambre? Ca fonctionne? N'hésitez pas à partager trucs et astuces! 




Deuxième trimestre de stage à bord

Bon, Bébé Fleur va fêter d'ici quelques jours ses dix mois, mais j'ai un énorme retard dans le journal de bord... Revenons donc quelques mois en arrière pour écrire la suite de cet article, hélas sur base de mes notes essentiellement, puisque la Moussaillone a beaucoup changé depuis son second trimestre.

Le moussaillon de 4 à 6 mois 


J'avais donc laissé Bébé Fleur âgée 3 mois, avec comme compétences le fou-rire, et une motricité pour le moins limitée puisque ses petites mains ne pouvaient encore que vaguement tapoter dans des jouets suspendus.  Heureusement, avec les bébés, il y a rarement de statu quo, et en un trimestre, l'évolution est fameuse.  Je vous en donne un aperçu, d'une part, à travers mes notes concernant Bébé Fleur, et d'autre part, sur base de mes bouquins. Enfin, d'un bouquin... celui d'Anne Bacus sur l'éveil du tout petit, qui est celui que j'ai sous la main (j'ai la flemme de croiser les sources, de toute façon, ça pullule sur le net...). .

4 mois : 

Mes notes : Bébé Fleur commence à pivoter latéralement.  Surtout quand elle est fesse nue.  Car oui, c'est l'été, et Bébé Fleur est un peu naturiste sur les bords.  Tant qu'elle ne se déplace pas, vive les alèses! Plus sérieusement, je suis très impressionnée de voir la différence de mobilité d'un bébé avec et sans langes, c'est flagrant.  Et encore plus quand, comme nous, on utilise des couches lavables, réputées plus épaisses.  (d'ailleurs, c'est prouvé, les bébés qui portent des couches marchent plus tard que les autres!!) On espère toujours voir un retournement sur le ventre complet, mais il faut se faire une raison : Il y a une épaule qui bloque, et il faudra encore de nombreuses semaines d'entraînement avant de franchir l'obstacle.  A part ça, les petites mains commencent à attraper et à manipuler les hochets, et la position assise s'annonce (mais de très loin), avec un bébé qui essaie de se redressé lorsqu'il est sur les genoux des officiers.  

La théorie : Bébé attrape les objets à sa portée et les porte à sa bouche.  Le haut de son corps se muscle de plus en plus, et, allongé sur le ventre, il peut se soulever sur les avant-bras et garder les jambes étendues.  Il a l'oreille fine et essaie d'identifier l'origine des bruits, et développe ses capacités d'échange et de socialisation. 

5 mois

Mes notes : Bébé Fleur a réussi à se mettre sur le ventre, d'abord sans, et puis avec sa couche.  Problème : Elle n'aime pas la position... donc elle réclame de l'aide pour un retour illico dans le mode précédent.  Le dos et les jambes se musclent petit à petit, et elle découvre ses pieds.  Dommage pour les chaussettes qui vont devoir lutter très dur pour rester en position.  Au niveau du langage : Les bruits se diversifient, et les doux gazouillements du début ont laissé la place à des grincements pour le moins surprenants.  

La théorie : Bébé commence à pouvoir rester assis tout seul en étant bien soutenu.  Sur le dos, il se prend de passion pour ses pieds.  Il s'entraîne à passer les objets d'une main à l'autre, et il lui arrive de les lancer pour observer la trajectoire de chute.  Il essaie de plus en plus de reproduire les sons et les intonations de sa langue maternelle. 

6 mois : 

Mes notes : Pas d'évolution au niveau des déplacements moteurs, mais les manipulations fines évoluent : les hochets passent d'une main dans l'autre, la pince "pouce-index" est maitrisée, et les petits doigts deviennent de plus en plus précis pour attraper leurs cibles (au hasard : une mèche de cheveux du Capitaine?).  Bébé Fleur développe également son sens du toucher, et s'est découvert une passion pour les textures de tissus en tout genre.  Bébé fleur ne se tient pas assise... principalement parce que nous ne pensons pas à la mettre dans cette position.  

La théorie : Assis, Bébé commence à pouvoir se pencher et se relever seul, grâce à ses abdos qui se musclent de plus en plus.  Allongé, il roule dans un sens puis dans l'autre, ce qui lui permet de se déplacer.  Certains commencent à ramper sur le ventre.  Il apprécie les jeux avec les adultes, interagit avec son reflet dans le miroir, et est passionné par les liens de cause à effet.

Matériel et activités : 

La motricité 


Bon, on l'a compris, ce trimestre, au niveau motricité, on se focalise sur les roulés/boulés et les débuts de la position assise.  Pour cela, on continue sur la base du premier trimestre, à avoir une zone de jeu bien confortable, avec un tapis ferme mais confortable, des couleurs attrayantes, des objets en suspensions à attraper, mais également des hochets sur le sol pour motiver les rotations latérales.  Le miroir est toujours intéressant, pour agrandir la perspective et donner un compagnon pas cher à votre rejeton.  Pas de raison non plus de ranger les mobiles au placard, il n'y a pas d'âge pour admirer le plafond! 

En ce qui concerne la position assise et la position ventrale, il y a différents courants de pensée.  Celui que j'ai plus ou moins suivi pour Bébé Fleur (un peu moins pour les aînés, mais j'avais déjà ces principes en tête), c'est celui de la motricité libre (voir par exemple un superbe explicatif illustré ici ou un exposé plus théorique ici), qui consiste à laisser l'enfant aussi libre que possible dans ses mouvements, dans les positions qu'il connaît.  On limite donc au strict minimum le temps passé dans les transats, relax et autres fauteuils qui contraignent les mouvements du bébé. 

Hors de question également de mettre le tout-petit dans une position qu'il ne maîtrise pas, comme par exemple, la position ventrale, tant qu'il ne sait pas s'y placer de lui-même.  L'Aventurier ayant dormi sur le ventre depuis tout petit pour la bonne et simple raison qu'il ne dormait pas sur le dos, il a toujours été très tonique en position ventrale.  Je ne me suis donc jamais gênée pour l'y placer.  Le P'tit Pirate n'a également jamais semblé mal à l'aise dans cette position, mais Bébé Fleur, par contre, ne l'apprécie vraiment pas, donc je n'insiste pas une seconde! 

Même chose pour la position assise, en théorie (voir par exemple cet article, très critique).  Personnellement, j'estime que quand on porte beaucoup son enfant, et qu'a fortiori, on s'assied avec lui sur les genoux, on le met de facto en position assise, bien qu'il ne l'aurait pas fait lui-même. Du coup, on peut suivre et accompagner de nos bras l'évolution de cette assise, et donc être en mesure d'identifier le moment où l'enfant tient seul sans trop se fatiguer.  Pour Bébé Fleur, cela s'est fait vers 7 mois, et elle a alors été capable de tenir et de s'amuser assise de long moment sans manifester ni fatigue, ni inconfort.  Par contre, c'est vrai que, du coup, cela limite le temps passé librement, allongée.  Mais ayant un peu fait le tour de la position dorsale et n'aimant pas du tout la position ventrale, Bébé Fleur semblait un peu frustrée de la situation et a beaucoup aimé ce changement de perspective.  Bref, à chacun de faire comme il le sent.  


Les manipulations

Ahhh, là, on attaque les hochets! J'adore les hochets, les beaux hochets en matières nobles, bien pensés, aussi attrayants pour les adultes que pour les bébés.


Commençons par le premier, la Star des Hochets, Mister le Skwish! Indiqué dès la naissance, et à raison, car il se suspend très facilement pour permettre au bébé de taper dedans.  Souple, réformable, facile à prendre en main, évolutif... S'il ne fallait acheter qu'un hochet, ce serait celui-là.  



Pour le reste de la collection, je me suis encore fait influencée par la sphère montessorienne, qui propose plusieurs hochets simples et bien conçus qu'il est possible de fabriquer soi-même

- Le Hochet Infini : Deux doubles disques imbriqués, parfait pour le transfert d'une main à l'autre.  Fabriqué par Monpapahamwa sur base de photos disponibles en abondance sur la toile.  Depuis, Nature et Découverte en propose dans sa collection Montessori, mais il n'est pas aussi beau que le mien (heu, pardon, que celui de Bébé Fleur)





- Le hochet de perles : Un simple cordon, quelques jolies perles de taille adéquates, quelques noeuds bien solides, et voilà un hochet vite fait bien fait.  Pour les perles, il en existe de magnifique chez Grimm's, belles couleurs et peintures naturelles.  Malheureusement, des deux hochets que j'ai fabriqué, j'ai réussi à en perdre un.  Il y a d'autres variantes possibles sur base d'anneaux et de grelots, comme ici ou ici ou encore ici. 


- La balle de préhension : Egalement disponible chez Natures et Découvertes (bah oui, Montessori, c'est très à la mode), je l'ai malgré tout faite moi-même.  Simplissime, mais un peu long... Beaucoup de pièces à assembler, c'est très répétitif.  Néanmoins, c'est toujours gai de bricoler quelque chose pour son bébé, et au moins, ma/sa balle est unique.  

J'ai également d'autres hochets plus classiques, comme ceux de chez Haba (celui avec les boules est terrible comme anti-stress), en bois ou en tissu.
Et un petit dernier pour la route : Un engin bien sympathique, acheté je ne sais plus où, très agréable à manipuler et doté de roues pour de premières expériences automobiles.  




Les interactions

Le matériel et les positions, c'est une chose, mais le plus précieux, pour le petit, ce sont bien sûr les interactions sociales.  Alors, non, Bébé ne va pas se mettre à parler subitement entre 4 et 5 mois, il n'y a pas de "cap" spécialement remarquable à ce stade, mais plein de petites évolutions, des modifications dans les modulations de la voix, une expressivité accrue du regard, et, généralement, beaucoup, beaucoup de sourires et de rires.  

Un seul mot d'ordre : En profiter.  Papoter, faire des grimaces, jouer à "coucou - caché", masser, chatouiller gentiment, faire des "pfffrtt" dans le cou, danser, chanter, montrer des images, lire des histoires, etc.  Surtout, ne pas avoir peur du ridicule, et prendre plaisir à chacun de ces moments un peu déjantés! 










vendredi 10 octobre 2014

L'assolement triennal des jouets

Je l'ai déjà mentionné plusieurs fois, notre navire est plutôt petit.  Les matelots aussi, mais par contre, ils sont livrés avec toute une série d'accessoires qui prennent énormément de place... Ca commence par des bavoirs, des maxi-cosi, des poussettes, puis, avec les années, débarquent les livres, jouets et autres playmobils.  Avec un seul mousse, il y a encore moyen de s'arranger, mais avec trois marmots d'âges différents, ça fait trois catégories d'âge de matériel ludique à stocker, chacune ayant tendance à s'accroître au delà du nécessaire suite aux anniversaires de chacun... et aux craquages du capitaine.  Je vous ai dit que j'avais une addiction à l'achats de hochets et autres jouets en bois? Au stade actuel, je pense que Bébé Fleur pourrait disparaître sous la pile des hochets dont nous disposons, si nous les sortions tous en même temps...

Trop de jouets et pas assez de rangements, ça a des conséquences diverses.  D'une part, les officiers pètent un câble de ne pas pouvoir faire deux pas sans se massacrer le petit orteil sur un playmobil égaré, et d'autre part... les matelots finissent tout simplement par ne plus jouer.  Excès de choix, jeux inaccessibles parce que trop empilés, et c'est le ticket garanti pour le fameux "Papa, Maman, je m'ennuie, je ne sais pas quoi faire", qui donne irrésistiblement envie d'expédier le matelot dans le jardin à grands renforts de coups de pieds dans le derrière.  Et encore, ça, c'est dans le meilleur des cas, car s'ils sont deux à être désoeuvrés, ça finit plutôt en pugilat, en hurlements, et en crises de larmes.

Aux grands maux les grands remèdes, nous avons donc décidé de pratiquer une variante de l'assolement triennal.
http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/dico/d/developpement-durable-assolement-triennal-11272/
L'idée est simple : On partage les jouets en plusieurs piles, et on ne met qu'une seule pile à disposition des enfants à un moment donné. A fréquence régulière, on range les jouets en cours, et on les remplace par une autre pile.

L'idée m'est venue de ce blog : http://mercimontessori.blogspot.be/2013/08/la-rotation-des-jouets.html, qui est une mine d'inspiration pour des activités de type montessorien (mais pas seulement).  L'auteur du blog utilise une rotation quotidienne, cela n'était pas du tout envisageable ici, vu l'âge des garçons et notre organisation quotidienne trop farfelue.  La rotation hebdomadaire me paraissait excessive aussi, donc nous avons opté pour une rotation mensuelle confortable.

Pour mettre le système en place, nous avons donc exilés les deux grands matelots dans le navire-amiral (chez les grands parents, quoi) le temps d'un WE \o/, et avons lancé un grand nettoyage par le vide pour rassembler tous les jouets au milieu du salon.  C'est l'occasion de re-trier tout, et de remettre les pièces égarées dans leur boîte d'origine.

Première étape : Le tri


Nous sommes partis sur un tri par "type de jouets".  En gros, les catégories donnaient ceci :

  • Les circuits, au nombre de trois : Voiture, train, billes
  • Les playmobils, divisés en trois univers : Les pirates, les chevaliers et les playmo "vie quotidienne"
  • Les puzzles
  • Les jeux de société
  • Les jeux de logique à jouer seul (Code Couleur, Camelot Jr, l'Aventurier, Katamini etc.)
  • Les véhicules de taille moyenne à pousser : Camion, trains, voitures, ...
  • Les jeux "pour petits", cubes et autres mosaïques de 18 mois à 3 ans, un peu limites pour le P'tit Pirate, mais finalement, ils ont tellement de plaisir à y revenir même plus grands, et Bébé Fleur y sera vite... 
  • Les jeux "éducatifs" : Matériel de calcul, tri, reconnaissance de couleur, de géométrie... Beaucoup de choses que j'ai bricolé moi-même et que je souhaite ranger à part du reste pour le ressortir au moment des périodes sensibles
  • Les "valeurs sûres" : Instruments de musique, déguisement, blocs en bois et Kapla, qui resteront tout le temps à disposition pour être combinés au reste.  

Deuxième étape : La répartition... et le rangement 

Vu la divisibilité par trois des deux premières catégories ci-dessus, nous sommes donc partis sur trois tas. On répartit chaque catégorie dans les trois tas, et hop, c'est plié... il ne reste plus qu'à ranger.  Hum hum.  Finalement, ce ne fut pas si difficile que ça de trouver la place pour les deux tas exilés.  Nous avons ré-organisé nos placards, et avons dégagé un peu de place.  Etonnamment, les deux énormes tas de jeux ne prennent pas tellement de place une fois bien agencés.  Mais c'est du rangement longue durée hyper compact, donc faut pas espérer arriver à retrouver le petit jeu machin-truc rangé au fond à gauche! Il y a bien quelques pièces comme le garage de voitures ou le château fort en carton qui prennent un peu de place, mais en poussant un peu les cintres dans notre garde-robe, nous avons réussi à nous en sortir.  
Hop, une armoire bien remplie! 
Entre mes godasses et mes robes de bal... un château-fort et quelques boites de puzzle.
Noonnnn, je ne me sens pas du tout envahie. 

Il ne restait plus qu'à ranger le troisième tas, dans les espaces de rangement habituels à présent bien dégagés.  Mais là, autant nous avons eu une bonne surprise en "archivant" relativement facilement les deux autres tas, autant nous avons un peu déchanté ici : Finalement, même avec moins trois fois moins de jeux, ça fait quand même encore... beaucoup, beaucoup de jeux.  
Hum... oui, ça, c'est l'étagère à jouets en mode "non encombré" (ne pas tenir compte du brol au dessus).
Je vous laisse imaginer l'état initial?

Pour un peu optimiser tout ça et rendre leur chambre plus attrayante, nous avons acheté une grande planche de carton léger, qui, placée sur le coffre à jouets, constitue une sympathique petite table sur laquelle accueillir le décor de la série playmobil actuellement de sortie.    
La table à Playmobils, en mode "tout rangé pour le nettoyage".  En temps normal, la caisse traîne quelque part par terre, et les Playmos se concertent qui pour finaliser le plan d'attaque depuis le sol, qui pour revoir les stratégies de défense à l'intérieur du château. 

Troisième étape : Montrer le résultat aux moussaillons... gloups.  


Petit suspense au retour des moussaillons : Comment vont-il prendre cette nouvelle organisation? Vont-il râler de ne plus avoir tous leurs jouets à disposition, ou au contraire, réagir positivement face au recul du niveau d'entropie? 

Au final, ce fut une très bonne surprise.  Ils ont adoré la nouvelle présentation des playmobils, et ont vraiment "redécouvert" tous leurs jeux, à présent beaucoup plus accessibles et visibles.  Des jeux inutilisés depuis des mois ont retrouvé une deuxième jeunesse, le circuit a régulièrement envahi le salon, et le P'tit Pirate s'est découvert une passion pour les puzzles.  Le résultat a dépassé nos espérances sur ce premier round! 
Plus forts que Vauban, les Playmos du château construisent des pièges à l'aide de blocs de bois géant pour arrêter les attaquants dans leur élan! 

D'ailleurs, avant d'arriver au château et de traverser le terrible champ de pièges, les attaquants doivent retrouver leur chemin dans le maléfique labyrinthe de Kaplas... 

Quatrième étape : le "switch"mensuel


Le premier round a duré un peu moins d'un mois, car, vacances d'été oblige, les enfants étaient beaucoup à la maison et ont donc bien rentabilisé les jeux.  Nous avions fixé le premier roulement à la fin du mois, juste avant la rentrée.  Petit questionnement à nouveau : Les garçons allaient-ils bien prendre ce changement? N'allaient-ils pas réclamer leurs jouets mis au placard sans leur demander leur avis? Là encore, rien du tout.  Ce fut à nouveau un bel effet "Saint-Nicolas", avec de belles découvertes et redécouvertes de leurs jeux.  Après le circuit de trains, c'est le circuit de voitures et le garage qui les a ravis, les "nouveaux" puzzles ont vite été sortis de leur boîte, et durant tout le mois qui a suivi, malgré la rentrée, nous avons pu assister à de belles séances de jeux.

Le deuxième changement a été plus sportif, car au lieu de l'effectuer le soir lorsque les enfants dormaient, nous l'avons fait un samedi matin... avec les enfants dans les pattes.  Le roulement implique de rassembler tous les jouets qui retournent au placard, puis à sortir tous les nouveaux destinés à être remis à disposition.  Et là... ça devient vite le bazar, parce qu'avec le salon rempli de deux montagnes de jouets en transit et un petit pirate bien trop intéressé par tout ça, il faut s'accrocher pour que ça ne dégénère pas.

Pile n°2... et de petites mains qui vient parasiter le processus!
Pile n°1 dans le salon



Le changement mensuel est également l'occasion de récupérer toutes les pièces perdues dans la boîte dédiée, et de leur faire retrouver leur place initiale.  

Le bilan après trois mois : 

Et bien là, vraiment, le bilan est 100% positif.  Moins d'encombrement dans le salon et dans la chambre, des enfants qui jouent plus et mieux, moins de "crises d'ennui", et l'"effet Saint-Nicolas" tous les mois, c'est juste génial.  D'ailleurs, on a étendu le système à la bibliothèque de livres qui débordait également, ce qui marche tout aussi bien avec en plus l'avantage de donner plus de variabilité aux histoires du soir (marre de toujours lire les trois seuls livres qui étaient facilement accessibles).  Alors si vous vous retrouvez dans les symptômes cités plus haut, n'hésitez pas une seconde à adopter ce système!